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11 juillet 2009

Agonie ?

Le début d'un passionnant article, qu'il faut lire en entier et méditer
 
Olivier Bessard-Banquy

Du déclin des lettres aujourd’hui



1Depuis que le président de la République a décidé de s’en prendre à la princesse de Clèves, la question de la place des lettres dans la société est en quelque sorte devenue d’une actualité brûlante. Ceux qui, comme Antoine Compagnon, comme Tzvetan Todorov, comme Richard Millet, comme beaucoup d’autres, avaient, bien avant l’élection de Nicolas Sarkozy à la tête de l’État, l’impression que les humanités étaient menacées, sont aujourd’hui convaincus que la menace la plus directe vient désormais du pouvoir politique lui-même. Cette aigreur face à ce qui ressemble à un mépris des sciences humaines et de la spéculation intellectuelle explique pour beaucoup la vivacité avec laquelle les membres de la communauté académique réagissent contre les projets de réforme du gouvernement dans le domaine de l’éducation et de l’enseignement.

2Ce n’est pas là notre sujet. Et pourtant la question du déclin des lettres et celle de la refonte des enseignements généraux de l’autre, on le devine, ont partie liée. Depuis quelques années, de nombreux prophètes de la fin des humanités unissent leurs voix pour déclarer impossible toute écriture de recherche ou de création dans une démocratie gagnée par l’horizontalité. L’idée depuis quelque temps fait son chemin que la littérature ne peut plus avoir de place dans un monde libéral hanté par le culte de la performance. Certains font le constat de l’essoufflement du roman français qui, depuis Perec, ne semble plus en mesure d’accoucher d’œuvres d’importance, capables comme Voyage au bout de la nuit de dire le monde, d’offrir une traversée du siècle en modèle réduit (c’est, pour aller vite, ce que l’on peut appeler « la tendance Jourde et Naulleau »). D’autres avec morgue nient que la littérature puisse dire quoi que ce soit de l’univers « hypermoderne » et qu’elle puisse y avoir une fonction (c’est « la tendance Richard Millet »). Les derniers écrits sur ces questions, ceux d’Antoine Compagnon, de Tzvetan Todorov, parmi d’autres, obligent peut-être à prendre au sérieux les évolutions de cette ancienne pensée1. D’où viennent les discours sur la fin des lettres depuis les années 1980 ? Que nous disent-ils sur l’état de la littérature dans le monde d’aujourd’hui ? Sur sa production économique et culturelle ? Sur ses forces et ses faiblesses ? C’est à ces quelques questions que l’on propose d’apporter de modestes éléments de réponse.

 

  Réagissez ! O.
 

Chantars no pot gaïre valer
Si d'ins del cor no mov lo chans
Bernard de Ventadour

 

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