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31 mai 2009

Gaston MIRON

 

 

  Gaston Miron, le grand poète québécois, mort en 1996, auquel son pays a fait des funérailles nationales. Le grand ouvrage de sa vie poétique : « l’Homme rapaillé »

 

Gaston Miron


l’homme aux labours de poésie

 

« pays
toi qui apparais
par tous les chemins défoncés de ton histoire
aux hommes debout dans l'horizon de la justice
qui te saluent
salut à toi territoire de ma poésie
salut les hommes et les femmes
des pères et mères de l'aventure »

Ainsi vient à nous la parole du « grand carillonneur des mots », le rapailleur de nos meurtrissures, le rempailleur de la langue française, la légende d’un peuple. Il est de la lignée des montreurs de mondes à faire.
Sa voix de torrent éclatant nous était parvenue souvent par bribes, par vagues brisées, car le Québec demeure à la fois si loin et si proche et sa littérature est toujours recouverte sous la suffisance littéraire de la France.
Des amis québécois entretenaient le feu de ses aurores boréales contre l’éblouissant et terrible oubli, derniers résistants de "cette petite enclave américaine francophone".
Parler de Gaston Miron revenait à parler du sacré d’une nation. Des Felix Leclerc, des Gilles Vigneault soit et encore, ce ne sont que des chansonniers. Mais un poète à la hauteur des plus grands poètes français et qui prend la parole alors que l'on ne lui demande pas, cela revenait à confondre meeting et alexandrins. Car en plus Miron il est engagé, il est politique ! Cela ne se fait plus. Halte là en France, laissons - le sur sa banquise ! Gaston Miron devait alors être enfoui dans le tiroir des « paroliers patriotiques ». Aussi Gaston Miron est encore exilé dans nos mémoires en France.
D’ailleurs il n’est pas sans signification que cela soit un autre exilé de la langue, Edouard Glissant le créole, qui soit le préfacier de ses poèmes en France. Et Glissant, qui l’a connu, nomme Miron le tonitruant, la folle tornade, la gueulante, et célèbre ce beau déferlement.
Le déferlement Miron "hurle dans ses harnais" et nous submerge, lui qui nous crie le non-poème en pleine face.
Gaston Miron disait de lui qu’il avançait dans la poésie comme un cheval de trait. Profonds sont ses sillons ! Belle est sa récolte.

Homme aux labours des brûlés de l'exil
selon ton amour aux mains pleines de rudes conquêtes
selon ton regard arc-en-ciel bouté dans les vents
en vue de villes et d'une terre qui te soient natales

je n'ai jamais voyagé
vers autre pays que toi mon pays

un jour j'aurai dit oui à ma naissance
j'aurai du froment dans les yeux
je m'avancerai sur ton sol, ému, ébloui
par la pureté de bête que soulève la neige

un homme reviendra
d'en dehors du monde

POUR MON RAPATRIEMENT (La vie agonique)

Il est le maître du tonnerre et des éclairs dans ses paroles et il glisse entre le vent des mots et les nuages des images pour nous dire qu’un jour il fera « clair et magnifiquement beau".

 

Lire la suite ici :

http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/miron/miron.html

  Un dossier très riche, avec photos et poèmes

30 mai 2009

La Bible, Meschonnic,Sollers

 

 

 

 Le site de Sollers

 

http://www.pileface.com/sollers/article.php3?id_article=857

 

C'est une mine d'or ! Sollers est la grande conscience littéraire de notre temps, et ça fait cinquante ans que ça dure !

Ci-dessous, un superbe portrait de ce génie récemment disparu, Henri Meschonnic, et le début de sa traduction de la Genèse. Quel régal !

 

 

 

 

Henri Meschonnic, chez lui, près de Paris, en septembre 2005

 

Henri Meschonnic, chez lui, près de Paris, en septembre 2005
Il tient à la main un bâton de chefferie à tête biface, insigne de pouvoir et casse-tête (Île de Pâques), début du XXe siècle.
(Photo Pierre-Marc de Biasi)
 

Au commencement

 

 

10:28 Publié dans Traduction | Lien permanent | Commentaires (0)

29 mai 2009

" Ecriture spermatique..."

Cabine double de Bruno Fern

Cabine double de Bruno Fern par Dominique Quélen

Cabine double de Bruno Fern

Saine entreprise que celle de dégripper la langue en ces temps porcins. C’est ce à quoi s’attelle Bruno Fern depuis ses 111 points de contrôle (Voix éditions, 2007), par fragments toujours précis. Il le fait en douce et en provoquant des dérèglements de toutes sortes, comme le plombier subversif de Brazil.
Dérégler les sens, beaucoup s’y sont employés et s’y emploient encore. Une certaine communauté de langue unit l’auteur à ceux qu’il cite dans le corps de son texte. Qu’est-ce qui peut alors faire la singularité de sa voix ? C’est sans doute la tension qu’il instaure entre le ramassé de la forme et la prolifération joyeuse du cut-up (ou la mise en pratique de l’adage mallarméen : toujours couper le début et la fin de ce qu’on écrit). Moins une tension qu’un écartèlement où, sans jamais se laisser déborder par le procédé, il reste froid et minutieux, desserrant (car il convient de mettre du jeu) ou resserrant ici tel boulon, là telle vis comica.
Car effet comique il y a. Il surgit d’abord d’un manque. Ce sont par exemple des prédicats sans thèmes – « de quoi s’y tenir la langue » (p.23) – ou simplement ambigus et féminins, dès l’entame : « l’oblige à regarder à entrer » (p.11), ou encore :

la force l’emporte pièce
par pièce le morceau la
soulève le tissu qui s’interpose la syntaxe à rebrousse
poil sans laquelle la pâleur ne fait qu’accroître
la rage l’arrache
à ses pensées l’y replonge illico faisant ployer la nuque (p.11)
chantait Bashung. Aussi B.F. huile-t-il et soigne-t-il les « mots de liaison » (p.22), les « connecteurs (p.23), les « points d’attache » (p.48), et n’hésite pas à faire donner et rendre la langue pour que tout soit en mouvement. Par tout, on entend cette absence que l’écriture fait surgir et qui emplit l’espace du poème.
En même temps, ce sont des « miniatures » (p.40), des « perles serties » (p.41). On les verrait bien orner les lames de tel éventail symboliste. Chacune est un « bibelot entre les cuisses une expérience sans inanité » (p.15), « an exciting game murmure bijou » (p.21). Bijoux indiscrets mais aussi dans l’acception linguistique, non séparés : cabine double. A quoi l’écriture spermatique de B.F., « d’un seul jet sonore » (p.46), ajoute ironiquement, méthodiquement, on ne sait quoi d’interruptus. Car en poésie aussi, sans doute, la bêtise consiste à vouloir conclure.
Le corps se joue en ses bijoux, en sa nudité. Lutte charnelle, acharnée, décharnée, où l’on est « fouillée de fond / en comble » (p.22), « [fouaillée] jusqu’au sens » (p.14). B.F. n’hésite pas à aller chercher le poncif pour le poncer et le limer. Parfois même – friandise – il en remonte deux d’un coup : « mon petit doigt me dit qu’on n’a pas encore touché le fond » (p.45). La langue – ou ce qu’elle désigne ici... – est « enfilée / comme perle » (p.50) et plus rien ne sépare le mot de la chose, scotchés l’un à l’autre et en tirant une jouissance à la fois rigoureuse, joyeuse et précieuse :

dans l’intimité latérale d’un long Et caetera (P.V.) glissent
des chaussures à noirs
lacets puis le peu baissé paupières sans or
bite laissant paraître l’engouement fait
par simple afflux parler avec ça dans
la bouche s’avère pourtant une nécessité
(p.28)

Les « parties charnues / de l’écriture » (W.C.W., p.54) sont empoignées dans un kama-soutra qui explore « toutes les positions ou presque » (p.53) et « n’épargne aucune nouvelle posture » (p.51), y compris celle où tombant du lit on se « délite » (p.50), on se défait, oui, car tout ce mouvement, tout ce pointilleux délire est un étonnement continuel, au sens où l’on parle de l’étonnement d’une roche ou d’un arbre. B.F. entre son coin (vocable de forestier) dans la langue et sa langue dans les coins (on serait cuistre qu’on dirait : comme une tmèse), il écarte pour qu’on voie mieux – mais on ne sait jamais vraiment ce qu’on voit, si ce n’est « un bon aperçu de la dissolution en cours » (p.43) :

dressée entièrement tourne
livre ses recoins ses
vaisseaux verdâtres présagent
qu’elle en contient bien plus qu’elle
sécrète sa propre fin
(p.36)

Non sans douleur, donc. Il s’agit de forer, de forcer, forcer le corps, « forcer l’ouverture des phrases » (C.R., p.52), culbuter cette langue qui fourche et retombe un peu de guingois, « une partie des jambes / en l’air » (p.38). Jusqu’à son terme, car B.F. ne se contente pas de faire « voir la p. en petite tenue » (p .48) : la langue une fois mise à nu par son possesseur (corps qui l’abrite et locuteur) même :

nue debout et
saisissante par l’anneau qui se prête à tout
un simple clic et le tour
est joué qui croyait a beau
se débattre la langue
montre son anatomie si ça lui chante
(p.35),

il révèle par des trouées dans « la peu vierge mais vive » (p.43), par des audaces de corps béant – même si c’est d’aise –, l’écorché de son texte : « le squelette s’y trouve déjà / enfoui vivant qui n’attend pas son heure » (p.54). Il est au travail là-dedans, et la cabine double est pour un aller simple.

Il faut la faire mouiller la machine,

 

Le commentaire de sitaudis.fr

éd. Ragage, 2009
58 p.
14 €

27 mai 2009

Yasmina Khadra

 

Le romancier d’origine algérienne

Yasmina Khadra

sera

Jeudi 28 mai à 19h 30
à l’auditorium du Centre culturel
Jean-Cocteau
Les Lilas (93)

[|

source : http://www.humanite.fr/rencontre-avec-KHADRA

25 mai 2009

André du Bouchet

 

André du Bouchet

 

Une poésie aux aguets de l’immobile

 

bouchet

 

© Anne de Staël du Bouchet

 

                   André du Bouchet reste un poète dont la clarté n’a pas encore traversé toutes nos routes. Antoine Emaz reconnaît sa dette envers lui. Poète exigeant, poète d’une haute conscience morale, il reste pour nous à jamais associé à son ami et maître Paul Celan dont il partagea souvent le souffle et les pensées. D’ailleurs son écriture éclatée, fragmentée en langue française fait bien sûr référence au travail de Paul Celan sur la langue allemande.

Mais alors que Celan réinvente de l’intérieur une nouvelle langue, usant du granit des mots hébraïques pour la concasser avec de nouveaux mots, André du Bouchet, humblement, reprend les mots de la tribu. Les mots obsédants reviennent : froid, souffle, montagne, neige, air, eau,...

"Le nuage - eau en poudre" comme il est dit dans l'ajour. La poésie d'André du Bouchet est aussi un lent cheminement vers la montagne, celle de "L'entretien sur la montagne" de Paul Celan où se fera la révélation de l'identité.
"Séparé de la montagne par l'air que j'ai à respirer, mais la montagne c'est l'air encore. L'air aux lèvres entr'ouvertes, comme accroché. Là, je heurte. "
Lui semblait détester toute biographie, aussi quelques indices sans plus. Naissance à Paris en 1924. Adolescence aux Etats-Unis. Professeur d'anglais. Fondateur de la revue Éphémère en 1967. Écritures, traductions, amitié avec Paul Celan. Il est mort le 19 avril 2001à Truinas dans la Drôme. Il vaut mieux le lire, saisir son souffle arraché au silence. Il aura écrit dans les intervalles, dans la déchirure des mots séparés.

               Sa grande défiance envers les images, "les images arrondies ont disparu", et les grandes trouées de vide, de blanc vertigineux au coeur du texte créent une nouvelle occupation de la page blanche. Très attentif à la mise en page, en la mise en rythme de ses souffles, il fait du néant un tamis pour ses mots. Les rares mots qui ont encore droit de cité sont compacts, soit rapportés sur la page. Ils prennent alors une dimension presque effrayante. Sorte de derniers signes sur les cavernes du temps, d'ultimes graffitis comme mains positives sur la vie qui s'en va.
Poésie, poussière sculptée!

 

Commentaire d'Orlando : André du Bouchet, une des voix les plus claires, les plus fortes, les plus originales de la deuxième moitié du XX ème siècle. Lire la suite de l'article, avec un choix de quelques poèmes, sur http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/dubouchet.h...

24 mai 2009

Francophonie

Canoë
Marché de la poésie de Montréal - La révolte poétique
Maison de la poésie de Montréal

MARCHÉ DE LA POÉSIE DE MONTRÉAL

La révolte poétique

23-05-2009 | 19h02

Pour célébrer ses 10 ans, le Marché de la poésie investit les territoires de l’imaginaire et de la subversion en se plaçant sous le thème Héritages du surréalisme.

La poésie s’offrira avec générosité sous le chapiteau érigé sur la place Gérald-Godin, au métro Mont-Royal, du 28 au 31 mai.

«Le Marché constituera cette année encore une occasion unique de prendre le pouls de la création poétique de langue française à travers un foisonnement d’activités qui se dérouleront sur la scène du chapiteau et dans différents lieux du Plateau-Mont-Royal» souligne Isabelle Courteau, directrice générale et artistique de la Maison de la poésie. Quelque 80 poètes y prendront part aux côtés de l’une des figures emblématiques du mouvement surréaliste au Québec, Paul-Marie Lapointe, l’invité d’honneur de cette 10e édition.

 

La vitalité de la poésie actuelle

Les éditeurs de poésie et revuistes du Québec, du Canada, de France et de Wallonie-Bruxelles présenteront leurs plus récentes publications, une chance unique pour le public de se procurer des titres difficilement accessibles habituellement. Au gré des rencontres impromptues et des affinités électives, le Marché de la poésie permettra aussi de découvrir plus intimement des œuvres contemporaines à travers des lectures sur la scène du chapiteau, des tables rondes et des spectacles inédits.

 

Les héritages du surréalisme à l'honneur

Une trentaine d'activités seront proposées:
- Le spectacle L’espace de vivre—Voyage et autres poèmes, en hommage à l’œuvre de Paul-Marie Lapointe. Une performance portée par les textes imprégnés de sensualité et de révolte du poète surréaliste. Avec Marcel Pomerlo, également metteur en scène, les comédiens Sylvie Drapeau et Luc Bourgeois, le jeune poète Olivier Bourque et des artistes de la scène musicale actuelle. Le mardi 26 mai à 19 h 30, au cabaret Le Lion d’Or.

- Le Cabaret surréaliste avec les Éditions Rodrigol, animé par Pascal Fioramore, le samedi 30 mai à 21 h, sur la scène du chapiteau. Des voix singulières détourneront les sens, sans interdits.

- Une carte blanche au poète et critique de cinéma André Roy avec des films de fiction surréalistes belges où se télescopent l’image et l’imaginaire. Le jeudi 28 mai à 18h30, vendredi 29 mai à 20 h 45, samedi 30 mai à 17 h et le dimanche 31 mai à 17 h.

La Maison de la culture Plateau-Mont-Royal fera également écho au thème du Marché avec l’exposition Les enfants du surréalisme, née des rencontres fécondes de cinq poètes et d’autant d’artistes en arts visuels de la relève. Du 14 mai au 14 juin.

 

Pour s’approprier la poésie

De multiples autres activités permettront au grand public d’apprécier ce genre littéraire sous toutes ses formes:
- Les 40 ans des éditions Les Herbes rouges sur la scène du chapiteau. Le jeudi 28 mai à 21 h.

- La chambre de l’oubli, lecture par le comédien Paul Savoie d’extraits de la trilogie de romans graphiques de l’illustrateur et auteur Lino. Le vendredi 29 mai à 20 h, à la maison de la culture Plateau-Mont-Royal.

- Des interventions ludiques dans l’espace public, place Gérald-Godin et parc Denise-Morelle (situé sur la rue Rivard, au sud de Mont-Royal) par les productions Areuh.

 

Sollers commente (?) Rimbaud

 




« Encore les soldes ? Oui — encore. »

Solde

À vendre ce que les Juifs n’ont pas vendu, ce que noblesse ni crime n’ont goûté, ce qu’ignorent l’amour maudit et la probité infernale des masses ; ce que le temps ni la science n’ont pas à reconnaître ;
Les voix reconstituées ; l’éveil fraternel de toutes les énergies chorales et orchestrales et leurs applications instantanées ; l’occasion, unique, de dégager nos sens !
À vendre les Corps sans prix, hors de toute race, de tout monde, de tout sexe, de toute descendance ! Les richesses jaillissant à chaque démarche ! Solde de diamants sans contrôle !
À vendre l’anarchie pour les masses ; la satisfaction irrépressible pour les amateurs supérieurs ; la mort atroce pour les fidèles et les amants !
À vendre les habitations et les migrations, sports, féeries et conforts parfaits, et le bruit, le mouvement et l’avenir qu’ils font !
À vendre les applications de calcul et les sauts d’harmonie inouïs. Les trouvailles et les termes non soupçonnés, possession immédiate,
Élan insensé et infini aux splendeurs invisibles, aux délices insensibles, — et ses secrets affolants pour chaque vice — et sa gaîté effrayante pour la foule —
À vendre les Corps, les voix, l’immense opulence inquestionable, ce qu’on ne vendra jamais. Les vendeurs ne sont pas à bout de solde ! Les voyageurs n’ont pas à rendre leur commission de si tôt !

Rimbaud, Illuminations.

Solde est cité intégralement par Sollers dans Illuminations — A travers les textes sacrés. Sollers le commente brièvement ainsi :

« Ce texte est évidemment ironique : que pourrions-nous acheter de cet inventaire ? À vendre " ce qu’on ne vendra jamais ", " les voyageurs n’ont pas à rendre de commission de si tôt ". Beau défi à l’ordre qui se met en place. Supposons que l’Église catholique vende un jour tous ses biens, architecture, peinture, sculpture, orfèvrerie, bâtiments divers. Imaginez le résultat immédiat : crise de l’économie mondiale. » (Folio, p.106).

À noter que cette illumination est intégrée chez Sollers dans un commentaire sans cesse relancé d’une autre illumination de Rimbaud : Génie.

(Source : http://www.pileface.com/)

 

 

 

 

22 mai 2009

LE SLAM

A / Des origines non conventionnelles

Art collectif, tribune de libre expression, mouvement à forte revendication sociale, le Slam prend racine dans une culture qui emprunte autant à la tradition de la poésie américaine (de Walt Whitman à Allen Ginsberg) qu'à la culture afro-américaine (des dirty dozens au toasting) et au mouvement punk.
Dès la fin des années 70, les lectures de Jerome Salla et Elaine Equi font figures de précurseurs. Vient ensuite la performance de Ted Berrigan et Ann Waldam, qui, vêtus d'un équipement de boxeurs, se livrent à une joute sur le modèle des matchs de boxes, joute qui marquera les esprits.
Des nouveaux gladiateurs du verbe font leur apparition et, en faisant descendre la poésie de sa tour d'ivoire, conquissent un nouveau public.

On s'accorde à situer les origines de la poésie slam remontent au milieu des années 80 quand, Marc Smith, jeune écrivain informel de Chicago, eut l’idée d’organiser une compétition de poésie dans le bar Green Mill.
Smith voulait que le public devienne juge en prenant part à la dialectique poète-public. Il voulait faire descendre la poésie de sa tour d'ivoire pour acquérir un statut semi-populaire et envisageait le poète comme le serviteur du peuple. Aussi, le style slam devait se construire à partir de contributions d'origine démocratique, issues de la communauté et du public. Marc Smith inventa alors le "slamming": la poésie contre les conventions, dans les bars au lieu des salons ou des clubs.
Ce nouveau mouvement fut baptisé ironiquement "le slam-poésie des beaux quartiers (the uptown poetry slam). Ces premiers slams avaient l'aspect de tournois d'exhibition et, bien qu'informels, ils ressemblaient déjà, en beaucoup de points, à ce qu'ils sont aujourd'hui.
Pour le premier slam, Jean Howard et Anna Brown endossèrent des tenues de combat cloutées et portèrent des armes. Marc Smith voulait une bataille. Et les poètes devaient user de leur poésie comme d'une arme. Les arbitres étaient choisis parmi les auditeurs. A l'aide d'un petit carton, ils attribuaient une note (de 1 à 10) à chaque poème lu. A la fin du tournoi, les scores étaient additionnés pour déterminer le vainqueur.
A ce moment là, personne n'avait une claire définition du slam qui s'ébauchait. Il s'agissait de faire comprendre au public que le slam, certes un combat, pouvait permettre aussi de s'exprimer avec subtilité, calmement, dramatiquement, etc...

Dès novembre1987, les rencontres slam ont leur chronique dans le Chicago Magazine et deviennent le grand événement de la ville. Cette fois, tous les ingrédients sont là pour connaître le succès : le public, l'esthétique, la contribution d'artistes, l'esthétique, la participation de personnalités...
Aussi, le phénomène se propage rapidement dans tout le pays et connaît un grand succès.
L'ambiance est celle d'un match de boxe carnavalesque; on vend des hot dogs pendant les tournois; à l'extérieur, un bonimenteur harangue la foule. Le but est de combiner la poésie et le spectacle, le travail théorique et la théâtralisation, le spectacle.
En octobre 90, à San Francisco, Herman Berlandt et Jack Mueller de l'Association Nationale de Poésie, organisèrent un festival national de poésie auquel participèrent pour la première fois les slameurs. Gary Glazner était en charge de l'organisation. Glazner contacta Marc Smith afin de l'éclairer sur les moyens logistiques d'organiser un slam. Le slam se fraya ainsi un chemin jusqu'au département des affaires culturelles de Chicago.

Le slam atteignit son apogée dans la ville de Chicago, permettant à maints écrivains locaux de se faire connaître. Le fossé entre les écrivains académiques et les slameurs se creusa encore plus. Les slameurs de Chicago mettaient en avant la question sociale. Formellement, ils évitent la rime, le système métrique traditionnel, et d'employer comme sujet le "je" usuellement réservé au style narratif. Le slam étant un art oral de spectacle, ils refusent toute publication et édition.
Marc Smith décida d'offrir à San Francisco son concept du slam. L'école slam de Chicago conquit rapidement San Francisco. Il restait à conquérir la côte Est, ce qui fut fait rapidement.
Boston devint la rivale de Chicago. Dès 1992, Boston accueuillait les championnats nationaux du Slam. Le climat politique agressif de Boston en 1992 favorisa l'essor et le succès du Slam en Nouvelle-Angleterre.

Très vite, le slam se répandit à travers les USA. Chaque semaine, chaque mois, dans plus de vingt villes américaines, des écrivains se rassemblaient pour faire entendre leur voix par le biais du spectacle, chaque communauté accentuant ses propres spécificités culturelles.
En 1993 se tint le premier Slam dans le métro, sous l'eau (the Underwater Slam) à San Francisco. Les poètes firent un spectacle de 20 minutes dans le métro entre la baie de San Francisco et Berkeley. Lorsqu'ils annoncèrent qu'ils envisageaient de répéter cette opération hebdomadairement, les gens, pris de panique, quittèrent précipitamment leur siège pour se réfugier dans un autre wagon.
Ce festival de San Fransisco en 1993 fut un tournant dans l’évolution de la communauté. De nombreux désaccords parmi les équipes organisatrices firent prendre conscience aux membres de la communauté de l’urgence de structurer les rassemblements. Un comité fut créé (L’ »International Organisation of Performing Poets » ou IOPP) chargé d’organiser les compétitions nationales et d’en mettre aux points les règles du jeu. Il mit aussi en place des rencontres internationales : les InternationalOlympics.

Depuis des compétitions sont régulièrement organisées à échelle nationale dans de nombreux pays autres que les USA (France , Royaume-Uni, Suède , Israël, Danemark, Suisse, Singapour ….) , ce qui atteste de toute la vivacité du mouvement slam.
Ce comité assure cohésion au mouvement et a réussi à créer une vraie communauté qui a ses règles de vie, surtout aux USA.
Souvent, une scène locale oppose divers cafés, première zone d’échange. Interviennent ensuite les compétitions nationales et internationales. Ces rassemblements sont des moments unificateurs pour l’ensemble de la « slam family ». C’est aussi l’occasion de brasser les idées, les poètes lient de nouvelles amitiés et découvrent de nouvelles influences : « the people come to read their poems and to have a good time. Maybe they make new friends. Maybe they win $10. Who knows what could happen?»
Ces rassemblements donnent lieux à de nombreuses critiques de la part des participants où chacun exprime sa conception de la communauté, les enjeux des compétitions… Souvent les votants discutent jusqu’au petit matin des performances. Un réel dialogue existe et soude la communauté, le mot d’ordre est : « Our strength is the diversity of our voices. » Le dialogue entre les nombreux groupes est ensuite entretenu à distance grâce au Slam news service qu propose un site internet « SlamNewsletter ». Il permet de nombreux échanges d’opinions entre slamers: nombreux sont ceux qui critiques les performances, les votes , l’activisme du mouvement ; il est le siège de nombreux débats. Lien unique entre les différentes villes, il est accessible à tous, et assure toute la cohésion de la communauté. Le SlamNews Service distribue aussi à tous ses adhérents les dernières nouvelles officielles: compte-rendus des dernières compétitions, plannings futurs…

Peu de mouvements d’expression ( musicaux ou poétiques) sont aussi cohérents , soudés et ouverts que la « Slam family» des années 90. Celle-ci se distingue par son organisation quasi rigide, qui génère émulation et créativité.

Lire la suite :

http://polysemiques.com/historique.htm
 

21 mai 2009

Où allons-nous?

Chaque Minute, près de 24 heures de vidéos arrivent sur YouTube

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Time Magazine avait récemment publié une liste des plus grands échecs de ces dix dernières années; on y trouvait YouTube. Plutôt ridicule quand on sait que YouTube est de très loin le site de vidéos le plus populaire sur le web, Plus encore, YouTube a tout simplement révolutionné la vidéo sur Internet. Une autre stat nous est parvenue hier soir: chaque minute, plus de 24 heures de vidéos sont chargées sur YouTube.

Essayez de réaliser, à cette minute précise, presque une journée entière d’images vient d”être placée sur le sire. Et le rythme ne fait qu’augmenter. En 2007, peu après le rachat par Google; YouTube recevait 6 heures de vidéos par minute; en Janvier dernier, le nombre était passé à 15 heures selon le blog de YouTube. C’est aujourd’hui presque 24 heures. C’est fou.

C’est vrai que YouTube n’apporte pas de vrais bénéfices financiers à Google mais quand un produit/ service  domine tant un marché, à un moment ou un autre la monétisation devrait arriver. D’ailleurs les grands studio d’Hollywood montrent de plus en plus d’intérêt dans YouTube et propose des partenariats (comme ESPN).

Pendant ce temps, YouTube continue de faire partie du grand concept social de Google. Le service a rajouté depuis hier la possibilité de s’enregistrer pour laisser des commentaires en vidéos à la fin d’un clip. Oui, c’est déjà ce que propose Seesmic depuis un certain temps, mais Seesmic ne reçoit pas (encore) 20 heures de vidéos toutes les minutes.

Information provided by CrunchBase

10:30 Publié dans le Net | Lien permanent | Commentaires (0)

Festival

 Article paru
le 13 mai 2009


 

 


La chronique cinéma d’émile Breton

À chacun son festival
Sans doute pour ne pas faire trop d’ombre à son homologue cannois, le Festival d’Anères débutera le 27 mai. La cérémonie d’ouverture, précise le communiqué l’annonçant, aura lieu à 19 heures au café du village, on se retrouvera pour les projections pendant cinq jours à la salle des fêtes et le bal de clôture sous le chapiteau dressé sur la place sera animé par le Bringuebal, orchestre bien connu dans la région. Anères, (Hautes-Pyrénées, 148 habitants) qui se tasse en rond sur la rive gauche de la Neste, à peine assagie après sa descente tumultueuse du mont Perdu propose en effet depuis onze ans un festival de « cinéma muet et piano parlant ». Au programme cette année, quatorze cinéastes et non des moindres, de Chaplin à Marcel L’Herbier et Ozu en passant par les moins connus Segundo de Chomon ou Charlie Bowers, et, comme au bon vieux temps, projection tous les jours à midi de trois épisodes d’un quart d’heure d’un « serial » de 1920, la Femme en gris, de James Vincent. Aucun des cinéastes à l’affiche ne sera, et pour cause, présent, mais on pourra, toujours au café du village, partager un repas avec l’accordéoniste Marc Perrone, qui donne un concert à l’église, André Minvielle, improvisateur gascon, Paco el Lobo et sa guitare flamenco, ou le « slameur » Dgiz. Ici, tout se passe en famille. Alors, si vous passez par les Pyrénées…

Et si les Pyrénées sont trop loin, vous pouvez organiser votre festival à domicile. Avec, par exemple, la Vallée close, de Jean-Claude Rousseau, DVD des éditions Capricci, accompagné d’un livre comprenant un long entretien avec le cinéaste et ses carnets de travail, les textes du film et de nombreux photogrammes. Deux heures de film, quelques heures de lecture et un retour sur les images, soit une bonne après-midi d’enchantement. Pendant plusieurs années, Rousseau a séjourné dans la vallée menant à la Fontaine-de-Vaucluse, où la Sorgue sort en grondant d’un gouffre, mystère jamais percé malgré toutes les plongées, d’une eau que vomit la montagne. Il y a la rivière, une route, des chemins forestiers, un village, des touristes aux robes légères se penchant vers la bouche d’ombre d’où jaillit la fraîcheur au plus chaud de l’été, une usine abandonnée, murs lépreux de la vie décroûtée. Et des mots sur ces longs plans contemplatifs, la plupart durant deux minutes trente, le temps d’une bobine de caméra Super 8 sur pied dont le cinéaste ne se séparait jamais dans ses expéditions au long de cette vallée ne menant nulle part, sinon à l’inconnu de ce qu’on croyait jadis être une des bouches de l’enfer. Ces mots ne sont pas des commentaires, ou des explications. Ce sont quelques-unes des leçons que Jean Brunhes, grand géographe des débuts du vingtième siècle, qui ne négligeait pas de « vulgariser » sa science, rédigea pour un cours élémentaire d’école primaire. Ces textes sont très simples et très beaux et disent à mots de tous les jours la marche du monde. Ils sont à l’image des lieux qu’ils accompagnent et qu’on a le temps de contempler : évidents. Et ils prennent sens des réflexions d’Épicure sur « l’éternel mouvement des atomes » auxquels ils se tissent. On entendra aussi une conversation téléphonique dont ne reste que la voix de l’interlocuteur présent, contrepoint de ce qui est montré. Et le lien, qui n’est pas forcément perçu d’entrée, se fera après coup : au moment où apparaissent les ruines de l’usine, vient la première de ces conversations, marquée d’une certaine inquiétude et elles se termineront sur les adieux de l’interlocuteur à l’autre bout du fil. Un trou noir, comme celui de la Sorgue. Et devant la plaque marquant ici le souvenir de Pétrarque, à jamais lié à cette vallée, il y aura ses poèmes pour Laure, l’absente. Le livre joint dira quelle richesse, quelle culture sous-tendent la simplicité de ce chant profond.

À l’autre pôle de la cinématographie, un DVD des éditions Carlotta : L’Héritière (1949), de William Wyler. Le temps est loin où l’on tenait Wyler pour le plus grand cinéaste américain. Mais Hollywood était alors à son apogée. Lumières, cadrages, science du noir et blanc, tout est parfait. Et l’académisme même du réalisateur sert la violence de l’histoire d’Henry James dont le film est tiré, donnant à cet apprentissage de la vie par une jeune femme trop protégée, comme un côté glacé, d’autant plus inquiétant . Et les acteurs sont exceptionnels, Olivia de Havilland découvrant la dureté, et son prétendant Montmomery Clift, tout d’ambiguïté. Bon festival.
Source :http://www.humanite.fr/2009-05-13_Cultures_A-chacun-son-festival

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20 mai 2009

Maldoror

La lecture des "Chants de Maldoror", une planète encore peu explorée, continue sur PROSES. Quelques morceaux choisis du chant cinquième, cinquième strophe :

 

1. "O pédérastes incompréhensibles, ce n´est pas moi qui lancerai des injures à
votre grande dégradation ; ce n´est pas moi qui viendrai jeter le mépris sur
votre anus infundibuliforme."

Maldoror invoque les "pédérastes" , ce qui était à l'époque ( et encore dans les
romans de JP Sartre) l'appellation générique des homosexuels et des pédophiles.
Il se proclame tolérant, refusant de les accabler de son mépris, mais tout le
texte reflète la réprobation sociale. "Infundibuliforme" : qui a la forme d'un
entonnoir. Sacré Isidore !


2. "Et vous, jeunes adolescents ou plutôt jeunes filles, expliquez-moi comment
et pourquoi (mais, tenez-vous à une convenable distance, car, moi non plus, je
ne sais pas résister à mes passions) la vengeance a germé dans vos coeurs"

Naturellement, les proies du pédophile nourrissent un fort ressentiment. Ce
qu'a dû éprouver le jeune Ducasse à l'égard du professeur Hinstin - mais ses
sentiments étaient confus et contradictoires. Rappelons que les "Chants" sont
dédiés, entre autres (notamment des condisciples) au professeur Hinstin, qui
avait certainement une position de notable et un prestige d'érudit.

3. "Vous la faites rougir de ses fils par votre conduite (que, moi, je vénère !)
"
L'ambivalence des sentiments de Maldoror

4. "Il a fallu que j´entr'ouvrisse vos jambes pour vous connaître et que ma
bouche se suspendît aux insignes de votre pudeur."
Qu'en termes poétiques cela est dit ! On est en droit de penser que les jeunes
élèves d'Hinstin pratiquaient cette action, sur ses directives sans doute.

5." Oh ! si au lieu d´être un enfer, l´univers n´avait été qu´un céleste anus
immense, regardez le geste que je fais du côté de mon bas-ventre : oui, j´aurais
enfoncé ma verge, à travers son sphyncter sanglant, fracassant, par mes
mouvements impétueux, les propres parois de son bassin ! "

Image surréaliste : Maldoror sodomisant l'univers ! L'acte de vengeance semble
incontestable.

6." En attendant, que celui qui brûle de l´ardeur de partager mon lit vienne me
trouver ; mais, je mets une condition rigoureuse à mon hospitalité : il faut
qu´il n´ait pas plus de quinze ans."

Subrepticement, Maldoror est devenu le "pédéraste"

7." l´opacité, remarquable à plus d´un titre, de cette feuille de papier, est un
empêchement des plus considérables à l´opération de notre complète jonction.
Moi, j´ai toujours éprouvé un caprice infâme pour la pâle jeunesse des colléges,
et les enfants étiolés des manufactures !"

Encore une image capable de combler d'aise les surréalistes : la rencontre , et
l'opposition, du monde réel ( les corps) et du monde de la fiction ( la feuille
de papier). Le jugement moral revient au galop ( un caprice "infâme")

8. "Malheureusement que de siècles ne faudra-t-il pas encore, avant que la race
humaine périsse entièrement par mon piége perfide !"

Et toujours la pulsion de destruction de l'humanité !

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19 mai 2009

Fin de l'épopée?

 

j'achève toute épopée

j'achève toute épopée par Charles-Mézence Briseul

j'achève toute épopée 1
je n’ai pas beaucoup d’armées
mais leurs pas résonnent
dans la gloire et les siècles éternels


2
la plaine est sèche, le silence total
nous sommes assis et nous pleurons
ce qui ne reviendra jamais

notre souffrance n’a de sens que si vous
souffrez un jour plus que nous

comment mon visage ne serait-il pas triste quand la ville où sont les tombeaux de mes
pères est en ruine et que ses portes ont été dévorées par le feu ?


aux ennemis nous disons mes frères, aux frères nous disons porcs ! porcs !
mes très chers frères

heureux qui vous revaudra
les maux que vous nous avez valus
heureux qui saisira et brisera
vos petits contre le roc !


gratte la poussière, lamentations et recherche d’un point d’eau
le désert est plus grand que mon salon

nous sommes assis et nous pleurons
ce qui ne vient pas

le marchand de peaux de lapin passe avec sa carriole
les gitans du désert le dépouillent, ohé !
les arbres rabougris, brûlés
les petits fennecs, le cuir des chameaux
des femmes nous montrent leurs seins secs

nous sommes assis et nous pleurons
ce qui s’est enfui

ce qui s’enfuit chaque jour

soyez patients ! soyez minutieux !
au bout du désert vous trouverez le frigo, la télé !
et des bonheurs plus hauts, oui, vous trouverez !

jamais nos larmes ne rassasieront la terre brûlante
sous le soleil si dur, si fort
jamais nos larmes n’étoufferont
le grand disque doré que nous avions tant aimé

nous sommes assis et nous n’avons plus de larmes

réveille un dieu dormant dessous la
pierre la plus vieille




3
on t’a vu comme un enfant
courir après le soleil

le désert ne brûle plus
la femme-soleil est si bandante, l’onde fraîche qui se répand sans compter
la forêt où se cachent les gentils résistants
pfuit ! un songe
mon âme s’agrandit avec la multiplication des écrans
des connexions, des téléchargements
ce soir resto, non, non

FASTER PUSSYCAT, KILL KILL!
FASTER PUSSYCAT, KILL KILL!
FASTER PUSSYCAT, KILL KILL!

courrais-tu dans les bois pour sauter les petites sauterelles blondes
comme avant ?
les cuisses ouvertes, l’eau fine qui en coule
la pierre froide, l’humus qui digère les ancêtres abrutis
les cèpes, les micro-ondes qui ne marchent plus

tout est stocké

nous offrons des roses en holocauste
et chantons doucement les dieux qui ne peuvent venir
nous les plaignons même
les sauterelles jouent avec leurs statuettes

dans la grotte au pied de la cascade
la vérité du corps, sa grande beauté
et Alzheimer, tu te chieras dessus, oui !
l’intensité de l’effort d’exister
la justesse de ta lecture du monde, sa force surtout

je m’avance sur la grand place
la gloire aveugle l’instant
tu m’aimes autant que peut aimer un monde vide
j’achève toute épopée

Le commentaire de sitaudis.com

Extrait de La dernière épopée, sixième chant.

Par son audace et sa violente traversée du Temps, ce "poème narratif "rend risibles toutes les tentatives de résurrection du lyrisme.

éditions IKKO, 2009
Le site de l'éditeur (Dufeu et Manon)
67 p.
13 €

18 mai 2009

Bernard Noël


Bernard Noël

Bernard Noël est né le 19 novembre 1930, à Sainte-Geneviève-sur-Argence, dans l’Aveyron. Les événements qui l’ont marqué sont ceux qui ont marqué sa génération : explosion de la première bombe atomique, découverte des camps d’extermination, guerre du Viêt-nam, découverte des crimes de Staline, guerre de Corée, guerre d’Algérie... Ces événements portaient à croire qu’il n’y aurait plus d’avenir. D’où un long silence, comme authentifié par un seul livre, Extraits du corps, 1958. Pourquoi je n’écris pas ? est la question sans réponse précise qui équilibre cette autre : Pourquoi j’écris ? devenue son contraire depuis 1969. Cet équilibre exige que la vie, à son tour, demeure silencieuse sous l’écriture, autrement dit que la biographie s’arrête aux actes publics que sont les publications.


Egalement aux éditions P.O.L L'Espace du poème, entretiens avec D. Sampiero.

Chez P.O.L


Chez d'autres éditeurs

- 1958 Extraits du corps, Editions de Minuit, Paris. Réédition dans la Peau et les Mots, « Textes », Flammarion, Paris, 1972 ; dans Extraits du corps, poèmes complets 1954-1970, « 10/18 », U.G.E, Paris, 1976 ; dans Poèmes 1, « Textes », Flammarion, 1982. Edition définitive : Extraits du corps, Editions Unes, Le Muy, 1988, avec des illustrations de Gilbert Pastor.
- 1967 La Face du silence, Flammarion, Paris. Rééditions dans Extraits du corps, poèmes complets 1954-1970, « 10/18 », U.G.E, Paris, 1976 et dans Poèmes 1, « Textes », Flammarion, 1982.
- 1969 Le Château de Cène, sous le pseudonyme d’Urbain d’Orlhac, Editions Jérôme Martineau, Paris (la 2e et la 3e édition sont augmentées d’une préface d’Emmanuelle). Réédition corrigée sous le nom de Bernard Noël, chez Jean-Jacques Pauvert, Paris, 1971 (la 3e édition, 1975, est augmentée de L’Outrage aux mots). Rééditions toujours avec L’Outrage aux mots, « 10/18 », U.G.E, Paris, 1977, et « Nulle Part », Cahiers des Brisants, Mont-de-Marsan, 1984. Rééditions augmentées de Le Château de Hors, L’Outrage aux mots et La Pornographie, « L’Arpenteur », Gallimard, Paris, 1990 ; Le Grand Livre du Mois, 1991 ; « L’Imaginaire », Gallimard, 1993.
- 1970 Une Messe blanche, Fata Morgana, Montpellier (réédition en 1972, 1977, 1984 et 1996).
- 1971 Dictionnaire de la Commune, Editions Fernand Hazan, Paris. Réédition augmentée de 73 articles, d’un index thématique et d’une préface, 2 vol. « Champs », Flammarion, Paris, 1978. Réédition avec une nouvelle préface chez Mémoire du Livre, Paris 2001.
Le Lieu des signes, Editions Jean-Jacques Pauvert, Paris. Réédition corrigée, Editions Unes, Le Muy, 1989.
Souvenirs du pâle, Fata Morgana, Montpellier. Réédition augmentée de Le Même Nom, Fata Morgana, 1975 et 1981.
- 1972 La Peau et les Mots, « Textes », Flammarion, Paris.
- 1973 Les Premiers Mots, « Textes », Flammarion, Paris. Réédition, 1990.
Deux Lectures de Maurice Blanchot, comprenant D’une main obscure par Bernard Noël et Une Passion par Roger Laporte, « Le Grand Pal », Fata Morgana, Montpellier, 1973.
Le Livre de Coline, Fata Morgana, Montpellier. Réédition dans Poèmes 1, « Textes », Flammarion, Paris, 1983.
- 1975 Treize cases du je, « Textes », Flammarion, Paris. Réédition, 1993.
- 1976 Magritte, « Les Maîtres de l’Art moderne », Flammarion, Paris. Réédition, éditions P.O.L, 1998.
- 1977 Le Double Jeu du tu, en collaboration avec Jean Frémon, « Le Grand Pal », Fata Morgana, Montpellier.
- 1979 Le 19 octobre 1977, « Textes », Flammarion, Paris.
Gustave Moreau, Editions Fernand Hazan, Paris. Suite...

 


Le Château de Hors, Fata Morgana, Montpellier.
- 1980 URSS aller retour, Flammarion, Paris.
D’une main obscure, Fata Morgana, Montpellier.
Bruits de langues, Talus d’Approche, Le Roeulx, Belgique.
- 1982 La Moitié du geste, Fata Morgana, Montpellier.
L’Eté langue morte, Fata Morgana, Montpellier.
Jardins et Squares, avec des photographies d’Edouard Boubat, Editions A.C.E., Paris.
- 1983 La Chute des temps, « Textes », Flammarion, Paris. Réédition suivi de L’Eté langue morte, La Moitié du geste, La Rumeur de l’air, Sur un pli du temps, « Poésie », Gallimard, 1993.
Poèmes 1, « Textes », Flammarion, Paris.
Matisse, Editions Fernand Hazan, Paris. Réédition revue et augmentée, Editions Hazan, 1987.
Peter Klasen, Editions Autrement, Paris.
L’Enfer, dit-on, Editions Herscher, Paris.
- 1984 Olivier Debré, Editions Flammarion, Paris.
- 1985 Le Sens la Sensure, Talus d’Approche, Le Roeulx, Belgique.
Trajet de Jan Voss, André Dimanche, éditeur, Marseille.
Fables pour ne pas, Editions Unes, Le Muy.
- 1986 La Rencontre avec Tatarka, Talus d’Aproche, Le Roeulx, Belgique.
La Rumeur de l’air, Fata Morgana, Fonfroide-le-Haut.
Le Nu, « Photo Poche », Centre National de la Photographie, Paris.
- 1987 A la recherche de François Lunven, Calligrammes, Quimper.
Christian Jaccard : le Roman des noeuds, Editions de la Différence, Paris.
Suite Fenosa, comprend la Statue d’élans de Bernard Noël et Suite Fenosa de Bernard Vargafting, Editions Ryôan-Ji, Marseille.
- 1988 Sur un pli du temps, Les Cahiers des Brisants, Mont-de-Marsan.
Mathias Pérez : le Roman des corps, Editions de la Différence, Paris.
Zao Wou-Ki : les encres, Editions Séguier, Paris. Réédition L'Atelier des Brisants, Mont-de-Marsan, 2001.
- 1989 David, « Les Maîtres de l’Art moderne », Flammarion, Paris.
Bertrand Dorny, Editions Ubacs, Rennes.
- 1990 Olivier Debré : dessins, Editions Adam Biro, Paris.
- 1991Géricault, « Les Maîtres de l’Art moderne », Flammarion, Paris.
Le Dieu des poètes, Paupières de terre, Paris.
- 1992 Genèse de l’arbre, avec des photographies de Boris Lejeune, Editions de la Différence, Paris.
Les Peintres du désir, Editions Belfond, Paris.
- 1993 André Masson : la Chair du regard, « l’art et l’écrivain », Gallimard, Paris.
- 1995 La Maladie de la chair, Petite Bibliothèque Ombres, Toulouse.
- 1996 Le Roman d'Adam et Eve, Editions Stock, Paris.
- 1997 Fred Deux, Editions du Cercle d'Art, Paris.
Site transitoire, Editions du Scorff, Cleguer. Suite...
- 1998 Vers Henri Michaux, Editions Unes, Draguignan.
Correspondances avec Georges Perros, Editions Unes, Draguignan.
- 2000 Ligier Richier, Serge Domini éditeur, Thionville
Portrait d'un regard devant la fin, avec Pierre Ouellet, Trait d'Union, Québec
Euphrate, le pays perdu, photographies de Hugues Fontaine, texte "L'Ombre des temps" de Bernard Noel, Actes Sud, Arles.
Ombres, photographies de Alain Volut, "Le Goût de l'ombre" de Bernard Noel, Editions Electa, Naples
2002 Onze voies de fait - Suivi de Héloise et Abélard, Atelier Des Brisants, Mont-de-Marsan
Un certain accent- Anthologie de poésie contemporaine, Atelier Des Brisants, Mont-de-Marsan
2003 Le roman des postures, Fata Morgana, Montpellier
Artaud et Paule, Lignes-Manifeste, Paris
Le Vide après tout, La Dragonne, Nancy
2004 L'Enfer, dit-on, Lignes-Manifeste, Paris
Le Retour de Sade, Lignes-Manifeste, Paris
2005 Le Sillon des sens, Fata Morgana, Montpellier
La Vie en désordre, L'Amourier, Coaraze
Portrait de l'Aubrac, Presse du Languedoc, Montpellier
2006 Le 19 octobre 1977, collection L'imaginaire, Gallimard
Extraits du corps, collection Poésie/Gallimard

Ouvrages à consulter :
- Du Je au Tu. Bernard Noel et le lvre d'artiste, préfaces de Antoine Verney et Yves Peyré avec un catalogue des livres illustrés de Bernard Noël établi par Elisabeth Peyré et Béatrice Calendrier, Publication du Musée Baron Gérard, Bayeux, 1998
- Patrick Wateau, Bernard Noël ou l'expérience extérieure, Corti, Paris, 2001
- Dossier Bernard Noël dans la revue Fusée, n°5, 2001
- Claire Fourier, Bernard Noel ou Achille immobile à grand pas..., Jean-Paul Rocher, Paris, 2002
- Jacques Ancet, Bernard Noël ou l'Eclaircie, Opales, Bordeaux, 2002
- Bernard Noël Ecrire-Voir, contributions réunies par René Pinies, Centre Joe Bousquet et son temps, Carcassonne, 2002
- Serge Martin, Avec Bernard Noël, toute rencontre est l'énigme: extrait d'un texte de Bernard Noël ( Le retour de Sade), introduction de Serge Martin, textes de Jacques Ancet, Béatrice Bonhomme, Claude Fintz, Geneviève Jolly, Sophie Loizeau, Tina Magaard, Anne Malaprade, Laurent Mourey, Philippe Païni, Serge Ritman, Muriel Tenne, avec des oeuvres de Colette Deblé, Olivier Debré, André Masson, Bertrand Vivin et Jan Voss. Association Himeros/Editions Rumeur des âges, La Rochelle, 2004

© éditions P.O.L, 1999.

Bernard Noël

Très prochainement, sur Poésie Libre Echange : conclusion de la lecture de Bernard Noël, avec un aspect inattendu, et pourtant très présent : le travail de la forme. Une véritable alchimie du nombre, avec deux ou trois trouvailles, dont les membres de PLE auront la primeur  ( exemple : l'ensemble "Bernard Noël" comporte onze lettres, et justement plusieurs compositions comportent onze poèmes, et plusieurs poèmes sont faits de onze vers ! )O.

17 mai 2009

Notre star se kaas la figure

 

 

 

Déception pour Patricia Kaas à l'Eurovision

Ecrit dim 17 mai 2009 0:43 CEST par Steven Cigale in Avatar de stars

Le concours de l'Eurovision tant attendu a eu lieu ce soir à l'Olimpiysky Arena de Moscou, salle construite pour les Jeux Olympiques de 1980. Un budget de 30 millions d'euros pour un show hollywoodien (pour accéder à toutes les infos sur l'Eurovision 2009, cliquez ici. Le Classement 2009 complet ici.)

L'ambiance était effectivement digne d'une manifestation sportive de haut niveau, la foule extrêmement receptive était en forme, et massive.

Edition particulière pour la France - dont la dernière victoire remonte à 1977 depuis Marie Myriam et sa chanson "L'oiseau et l'enfant" - puisque c'est Patricia Kaas, forte d'une carrière de plus de 20 ans et véritable égérie de la chanson française qui portait haut les couleurs du drapeau : "L'Eurovision, a priori, ce sont des débutants ou presque qui y vont. Mais bon, j'aime les challenges, et il est déjà arrivé que des chanteurs expérimentés s'y produisent, alors je me suis dit: 'Pourquoi pas?' Je vois les choses comme un truc sportif, genre Jeux olympiques." Son interprétation de "Et s'il fallait le faire" fut sobre et remplie d'émotion. Patricia, qui chantait en cette date anniversaire de la mort de sa mère était manifestement aussi émue que le public. Mais l'égérie française a dû se contenter de la 8è place...

Pour lire la suite de l'article et entendre les chansons, allez ici :

http://new.fr.music.yahoo.com/blogs/avatar_de_stars/31027/dception-pour-patricia-kaasleurovision/

 

10:43 Publié dans Chanson | Lien permanent | Commentaires (3)

15 mai 2009

Littérature, peinture, révolution...

Un article du Magazine Littéraire ( lire la suite sur le site

http://www.magazine-litteraire.com/content/critiques/article.html?id=13153 )

 

Pierre Michon, les onze et la Révolution

 

Les Onze est un livre de Pierre Michon, sur une toile exposée au Louvre d´un certain François-Élie Corentin, représentant le Comité de salut public. Dans une langue droite, l´auteur de Vies minuscules parle de la Révolution, de la Terreur et des peintres de l´Histoire.

 

 

C´est à vous, Monsieur, que ce livre s´adresse. Personnellement. À vous qui n´avez jamais entendu parler du tableau monumental de François-Élie Corentin, exposé au Louvre, Les Onze, qui représente à lui seul, et lui seulement, le Comité de salut public au grand complet, à supposer que quelqu´un de votre sorte puisse encore exister. À vous aussi, Monsieur, qui le connaissez vaguement, par ouï-dire, ou qui avez eu sous l´oeil une vague reproduction, réduisant au format d´un livre une huile de plus de quatre mètres de large et plus haute qu´un homme debout, dressé, comme ces Onze qui firent terreur. À vous également, Monsieur, qui fréquentez le Musée, que vos pas ont mené «dans la chambre terminale du Louvre, le saint des saints, sous la vitre blindée de cinq pouces» (p. 114), vous qui recherchez le commerce de la beauté quand c´est l´Histoire et ses onze paires d´yeux qui vous dévisagent. À vous enfin, Monsieur, qui croyez savoir que ce tableau n´existe pas, vous que 144 pages de pure littérature viendront réveiller de votre savante suffisance.

14 mai 2009

Les Beatles

Hunter Davies a découvert...

Quelques «lyrics» inédits des Beatles

Par Grégoire Leménager

On n'en a jamais fini avec Tintin? On n'en a jamais fini non plus avec les Beatles: alors qu'il travaillait à la mise à jour de leur biographie, Hunter Davies est tombé sur quelques paroles, manifestement écrites de la main de George Harrison, en 1967, sur des morceaux de papiers que les Fab'Four avaient jetés alors qu'ils se trouvaient dans les studios d'Abbey Road, à Londres.

 

 

Les-Beatles.jpg

 

 

Ils ont été versés aux archives de la British Library, que l'on appelle élégamment là-bas «the Treasures» (sic), et où se trouvent déjà des manuscrits de «Help!» et «Yesterday». Pour Jamie Andrews, qui dirige le fond de littérature moderne, aucun espoir n'est cependant permis: «Ces paroles de George sont tout ce qui reste de la chanson. On peut seulement deviner la façon dont elles auraient pu sonner».

 

Ami lecteur, donc, imagine, comme disait Lennon :

 

«Im happy to say that its only a dream
when I come across people like you,

its only a dream and you make it obscene

with the things that you think and you do.

your so unaware of the pain that I bear
and jealous for what you cant do.
There's times when I feel that you haven't a hope
but I also know that isn't true».

Sources : le Guardian; NouvelObs.com

 

12:15 Publié dans Chanson | Lien permanent | Commentaires (0)

Le dernier livre de Roger Planchon

Souvenirs de Roger Planchon

Par Odile Quirot

Ce pionnier de la décentralisation, qui fut un des grands hommes de théâtre de la seconde moitié du XXe siècle, et avait notamment mis en scène Brecht, Molière, Michel Vinaver ou encore Harold Pinter, est mort ce 12 mai 2009 à l'âge de 77 ans. Il avait raconté son parcours, en 2004, dans «Apprentissages». Odile Quirot l'avait alors lu, pour «le Nouvel Observateur»

 

A 73 ans, Roger Planchon livre le récit-fleuve de l'enfance d'un chef: lui-même, «acteur, auteur, metteur en scène, directeur, entrepreneur, animateur pionnier de la "décentralo" théâtrale et cinématographique», écrit-il sans complexe. Il signe un livre excédé, polémique, qui raconte dans une langue drue et crue sa jeunesse de «bouseux» ardéchois, son école des pauvres en pension chez les pères, ses premières illuminations -dont «Citizen Kane» d'Orson Welles- et clôt ses Mémoires sur ses débuts d'acteur déclamant des poèmes au Perdido, un club de jazz lyonnais. Au terme de ces «Apprentissages», Planchon a 19 ans: son aventure théâtrale commence.

 

 

Roger-Planchon_Apprentissages.jpg
Né le 12 septembre 1931 à Saint-Chamond dans la Loire, Roger Planchon avait notamment créé, en 1952, le Théâtre de la Comédie à Lyon, avant de diriger le Théâtre de la Cité, qui deviendra Théâtre national populaire (TNP), à Villeurbane (Rhône) à partir de 1957. Il est mort le 12 mai 2009.

 

 

Ses plus belles pages sont celles où il évoque l'Ardèche d'avant-guerre, quasi médiévale. L'auteur de «la Remise» sait convoquer au même banc l'histoire et ses tueries (prendre le maquis à 14 ans, ça marque), le grand vent et les veillées, le bistro sans gloire de son père. Il évoque sa «tribu» haute en couleurs tel un ethnologue ému, de retour au pays, les joues encore chaudes des raclées et des baisers reçus. Il se décrit rebelle, rêveur et apprenti calculateur, question de survie chez les «nantis». Sur l'acteur Jean Bouise, sur le critique lyonnais Jean-Jacques Lerrant, Planchon a des pages d'amitié profonde. Ce qu'il dit de Jouvet, Dullin, Adamov, Brecht ou Shakespeare met en appétit tant on sent que le théâtre et la littérature ont sauvé cet adolescent, pas né «le cul bordé de nouilles», d'un destin annoncé de gardeur de vaches, bêtes auxquelles il voue d'ailleurs une éternelle reconnaissance.

 

De cette rude enfance est né son riche regard d'«autodidacte» qui marqua notre vision de Molière ou Racine. Car Planchon esquisse ici des pistes passionnantes pour la compréhension de son oeuvre. Dommage qu'il alourdisse son récit de parenthèses et commentaires redondants sur aujourd'hui et n'évoque jamais la déformation du réel liée à tout travail sur le souvenir. Sous prétexte de s'adresser à sa petite-fille, il se complaît à se nommer «le vieux», «pépé». Et, c'est plus fort que lui, le fondateur du TNP de Villeurbanne se pose en éternel pionnier. Oui, l'aventure de Planchon en province fut fondatrice, mais si on a beaucoup admiré le metteur en scène, il a hélas cessé de signer des spectacles à la hauteur de sa légende (ainsi sa grise création de «S'agite et se pavane», d'Ingmar Bergman, à l'affiche à Paris). Planchon confesse: «Putain de sobriété. Malgré beaucoup d'efforts, mes mises en scène sont "chargées".» L'auteur aurait dû en prendre de la graine.

 

O.Qt.

 

«Apprentissages», Mémoires,
par Roger Planchon, Plon, 635 p., 25 euros.

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13 mai 2009

Roger Planchon

L'homme de théatre Roger Planchon est mort

PARIS (AFP) — Le dramaturge, comédien et metteur en scène français Roger Planchon, qui était âgé de 77 ans, est décédé mardi à Paris d'une crise cardiaque.

Né le 12 septembre 1931 à Saint-Chamond dans la Loire, Roger Planchon, qui était "fatigué depuis quelques jours" est mort chez lui, a annoncé à l'AFP son fils, Stéphane Planchon.

"Il a travaillé jusqu"à la dernière minute en se battant pour continuer à faire du théâtre", a-t-il souligné. "C'était sa passion, sa vie" a dit encore son fils. Il venait de finir un spectacle de Ionesco, "Amédée ou comment s'en débarrasser", dans lequel il jouait, et préparait un spectacle sur Sade. "Il est parti en travaillant" a ajouté Stéphane Planchon.

Roger Planchon était généralement considéré comme un des metteurs en scène de théâtre français les plus importants depuis Jean Vilar.

Il avait créé en 1952, le Théâtre de la Comédie à Lyon, avant de diriger le Théâtre de la Cité, qui deviendra Théâtre national populaire (TNP), à Villeurbane (Rhône) à partir de 1957. Roger Planchon avait monté des pièces de Molière, Marivaux, Racine ou encore Pinter et Ionesco. Il avait dirigé des comédiens comme Jean Carmet, Michel Serrault, Annie Girardot ou encore Robin Renucci.

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12 mai 2009

André Gide dans la Pléiade

André Gide a été considéré pendant un demi-siècle comme le pape des lettres françaises (l'Humanité du 7 avril 2009)
Les oeuvres de fiction et le théâtre de l'auteur des "Caves du Vatican" paraissent dans leur ordre chronologique au sein de la prestigieuse collection de chez Gallimard

ROMANS ET RECITS,OEUVRES LYRIQUES ET DRAMATIQUES, d'André Gide.Tomes 1 et 2, la Pléiade, NRF,Gallimard.

André Gide (1869-1951)

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"On a beaucoup ri d'un télégramme que Mauriac a reçu peu de jours après la mort de Gide et ainsi rédigé : " Il n'y a pas d'enfer. Tu peux te dissiper. Préviens Claudel. Signé André Gide" Julien Green, Journal 28 février 1951

 

Le site des fans de Gide (malheureusement pas très à jour, puisqu'ils ignorent la dernière parution dans la Pléiade !) :

 

http://www.gidiana.net/