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25 mai 2009

André du Bouchet

 

André du Bouchet

 

Une poésie aux aguets de l’immobile

 

bouchet

 

© Anne de Staël du Bouchet

 

                   André du Bouchet reste un poète dont la clarté n’a pas encore traversé toutes nos routes. Antoine Emaz reconnaît sa dette envers lui. Poète exigeant, poète d’une haute conscience morale, il reste pour nous à jamais associé à son ami et maître Paul Celan dont il partagea souvent le souffle et les pensées. D’ailleurs son écriture éclatée, fragmentée en langue française fait bien sûr référence au travail de Paul Celan sur la langue allemande.

Mais alors que Celan réinvente de l’intérieur une nouvelle langue, usant du granit des mots hébraïques pour la concasser avec de nouveaux mots, André du Bouchet, humblement, reprend les mots de la tribu. Les mots obsédants reviennent : froid, souffle, montagne, neige, air, eau,...

"Le nuage - eau en poudre" comme il est dit dans l'ajour. La poésie d'André du Bouchet est aussi un lent cheminement vers la montagne, celle de "L'entretien sur la montagne" de Paul Celan où se fera la révélation de l'identité.
"Séparé de la montagne par l'air que j'ai à respirer, mais la montagne c'est l'air encore. L'air aux lèvres entr'ouvertes, comme accroché. Là, je heurte. "
Lui semblait détester toute biographie, aussi quelques indices sans plus. Naissance à Paris en 1924. Adolescence aux Etats-Unis. Professeur d'anglais. Fondateur de la revue Éphémère en 1967. Écritures, traductions, amitié avec Paul Celan. Il est mort le 19 avril 2001à Truinas dans la Drôme. Il vaut mieux le lire, saisir son souffle arraché au silence. Il aura écrit dans les intervalles, dans la déchirure des mots séparés.

               Sa grande défiance envers les images, "les images arrondies ont disparu", et les grandes trouées de vide, de blanc vertigineux au coeur du texte créent une nouvelle occupation de la page blanche. Très attentif à la mise en page, en la mise en rythme de ses souffles, il fait du néant un tamis pour ses mots. Les rares mots qui ont encore droit de cité sont compacts, soit rapportés sur la page. Ils prennent alors une dimension presque effrayante. Sorte de derniers signes sur les cavernes du temps, d'ultimes graffitis comme mains positives sur la vie qui s'en va.
Poésie, poussière sculptée!

 

Commentaire d'Orlando : André du Bouchet, une des voix les plus claires, les plus fortes, les plus originales de la deuxième moitié du XX ème siècle. Lire la suite de l'article, avec un choix de quelques poèmes, sur http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/dubouchet.h...

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