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20 mai 2009

Maldoror

La lecture des "Chants de Maldoror", une planète encore peu explorée, continue sur PROSES. Quelques morceaux choisis du chant cinquième, cinquième strophe :

 

1. "O pédérastes incompréhensibles, ce n´est pas moi qui lancerai des injures à
votre grande dégradation ; ce n´est pas moi qui viendrai jeter le mépris sur
votre anus infundibuliforme."

Maldoror invoque les "pédérastes" , ce qui était à l'époque ( et encore dans les
romans de JP Sartre) l'appellation générique des homosexuels et des pédophiles.
Il se proclame tolérant, refusant de les accabler de son mépris, mais tout le
texte reflète la réprobation sociale. "Infundibuliforme" : qui a la forme d'un
entonnoir. Sacré Isidore !


2. "Et vous, jeunes adolescents ou plutôt jeunes filles, expliquez-moi comment
et pourquoi (mais, tenez-vous à une convenable distance, car, moi non plus, je
ne sais pas résister à mes passions) la vengeance a germé dans vos coeurs"

Naturellement, les proies du pédophile nourrissent un fort ressentiment. Ce
qu'a dû éprouver le jeune Ducasse à l'égard du professeur Hinstin - mais ses
sentiments étaient confus et contradictoires. Rappelons que les "Chants" sont
dédiés, entre autres (notamment des condisciples) au professeur Hinstin, qui
avait certainement une position de notable et un prestige d'érudit.

3. "Vous la faites rougir de ses fils par votre conduite (que, moi, je vénère !)
"
L'ambivalence des sentiments de Maldoror

4. "Il a fallu que j´entr'ouvrisse vos jambes pour vous connaître et que ma
bouche se suspendît aux insignes de votre pudeur."
Qu'en termes poétiques cela est dit ! On est en droit de penser que les jeunes
élèves d'Hinstin pratiquaient cette action, sur ses directives sans doute.

5." Oh ! si au lieu d´être un enfer, l´univers n´avait été qu´un céleste anus
immense, regardez le geste que je fais du côté de mon bas-ventre : oui, j´aurais
enfoncé ma verge, à travers son sphyncter sanglant, fracassant, par mes
mouvements impétueux, les propres parois de son bassin ! "

Image surréaliste : Maldoror sodomisant l'univers ! L'acte de vengeance semble
incontestable.

6." En attendant, que celui qui brûle de l´ardeur de partager mon lit vienne me
trouver ; mais, je mets une condition rigoureuse à mon hospitalité : il faut
qu´il n´ait pas plus de quinze ans."

Subrepticement, Maldoror est devenu le "pédéraste"

7." l´opacité, remarquable à plus d´un titre, de cette feuille de papier, est un
empêchement des plus considérables à l´opération de notre complète jonction.
Moi, j´ai toujours éprouvé un caprice infâme pour la pâle jeunesse des colléges,
et les enfants étiolés des manufactures !"

Encore une image capable de combler d'aise les surréalistes : la rencontre , et
l'opposition, du monde réel ( les corps) et du monde de la fiction ( la feuille
de papier). Le jugement moral revient au galop ( un caprice "infâme")

8. "Malheureusement que de siècles ne faudra-t-il pas encore, avant que la race
humaine périsse entièrement par mon piége perfide !"

Et toujours la pulsion de destruction de l'humanité !

09:20 Publié dans PROSES | Lien permanent | Commentaires (0)

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