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15 avril 2009

Poésie et violence faite au langage

  C'est ici même, sur ce blog, que je trouve une intéressante pensée d'Octavio Paz, dans "l'Arc et la Lyre", à la date du 30 mai 2005 :

"La création poétique est d'abord une violence faite au langage. Son
premier acte est de déraciner les mots. Le poète les soustrait à leurs
connexions et à leurs emplois habituels : séparés du monde informe du
langage parlé, les vocables à nouveau sont uniques, comme s'ils
venaient de naître. Le second acte est le retour du mot : le poème se
convertit en objet de participation. Deux forces antagonistes habitent
le poème : l'une d'attraction et de déracinement, qui arrache le mot
au langage ; l'autre, de gravité, qui l'y fait revenir. Le poème est
création originale et unique, mais il est aussi récitation,
participation et communion. Le poète le crée ; les hommes, en le
récitant, le recréent. Poète et lecteur sont deux moments d'une même
réalité, s'alternant sur un mode qu'il n'est pas inexact d'appeler
cyclique. Leur relation engendre l'étincelle : la poésie."

  Comme disait Meschonnic...

  Retenons donc qu'avant d'être quelque chose de doux, harmonieux et apprivoisé, le poème est d'abord un objet barbare, en lutte contre nos habitudes, et qui peut même blesser !

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