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28 mai 2005

Marie-Claire Bancquart

Sur Poesielibree4, nous commentons en ce moment l'oeuvre de Marie-Claire Bancquart. Voici l'introduction présentée par Orlando.

Marie-Claire Bancquart est née en 1932. Elle a fait une brillante carrière universitaire, a écrit cinq romans et une bonne vingtaine de livres de poésie. Elle collabore à la revue Europe et à d'autres, est couverte d'honneurs et de distinctions. Et réjouissez-vous, charmantes damoiselles et gentes dames, cette dame est une des voix les plus considérables de cet entre-deux siècles, une voix qui me touche très fort comme elle saura j'espère vous toucher.( La brillante carrière universitaire ne doit pas impressionner: Beaucoup de poètes contemporains sont des universitaires, mais pas tous. Et tous les profs ne sont pas poètes, loin de là. Verlaine n'était qu'un obscur employé aux écritures, Rimbaud un collégien perdu (comme Lautrréamont) puis un aventurier, Eluard n'avait qu'une instruction primaire.)

Elle a réuni des extraits de l'ensemble de son oeuvre poétique dans une anthologie personnelle, Rituel d'emportement, Poèmes 1969-2001,336 pages, Ed. Obsidiane-leTemps qu'il fait, mars 2001. Avec une photo de l'auteur et une fiche bio-bibliographique. C'est ce livre dont j'achève la lecture et dont je vais vous parler.

Ce qui frappe dès les premières pages, c'est la présence du sujet, non par une banale affirmation narcissique du moi, mais par la force de la parole, l'unité de la pensée à travers la diversité des expressions, les réseaux denses d'images qui se reprennent, se répondent et se réfléchissent, la délicatesse de sensibilité.Vous lisez une page de MC B, et vous savez que vous êtes devant un vrai poète.
Après cent ou cent cinquante pages, je commençais à avoir quelques soupçons sur la créativité formelle, ou sur son apparente absence. MC B utilise le vers libre, avec des variations de rythmes assez marquées par l'alternance de vers courts , une à trois ou quatre syllabes, et de vers plus longs, jusqu'à quatorze, quinze syllabes...Les poèmes sont presque tous courts, entre une demi page et une page, presque jamais plus. C'est à peu près tout, pendant les cent premières pages. Par la suite , on voit apparaître le verset, et enfin la prose. Et on voit se présenter des poèmes substantiels, de plusieurs pages. On voit aussi de plus en plus des mélanges prose et vers, comme dans la "Saison en Enfer", et des variations typographiques par les italiques.Les audaces syntaxiques sont présentes du début à la fin, elles ne sont pas trop fréquentes mais se retrouvent régulièrement. On voit donc que , du point de vue formel, on est dans un cadre assez classique : une prosodie qui n'a pas vraiment bougé depuis les surréalistes, une syntaxe presque toujours académique... L'innovation , car il y a innovation, est ailleurs : il y a un renouvellement du matériel imaginaire, à travers une continuité qui assure la cohérence : l'arbre, le corps, les plumes, l'oiseau, l'animal sont présents d'un bout à l'autre. Mais les thèmes évoluent, s'approfondissent, s'amplifient... Toute une période voit revenir la peur obsessionnelle de la mort, avec la menace de la maladie. Puis l'interrogation sur l'identité, le doute existentiel. Puis le vertige métaphysique, avec l'intrusion de l'histoire et des mythes au milieu de l'actualité dans ce qu'elle a de plus brutal. Tout cela, je n'hésite pas à le répéter, à travers une continuité imaginaire qui affirme bien mieux le sujet que toutes les rodomontades narcissiques. Et un ton surprenant, de plus en plus ferme, affirmé. Le poète est maître de son instrument.
A suivre
( Je ferai prochainement un petit état des lieux de l'imaginaire de MC B

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