Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

25 février 2005

Daniel Biga

Dans le groupe Poesielibree4, nous échangeons en ce moment autour de Daniel Biga. Et il est étonnant de lire les réactions face à chacun de ses poèmes présentés, comme nous dit Hélène : "j'ai l'impression qu'il a plusieurs façons d'écrire"

Voici la petite présentation D'Orlando :

Le meilleur instrument pour découvrir ce poète, c'est son anthologie personnelle, "Le poète ne cotise pas à la sécurité sociale", Le Castor Astral / Ecrits des Forges, juin 2003. Se lit très facilement, comme un "journal". C'est ce qu'on est en train de voir de plus en plus nettement, chaque poète a son écriture, et conséquemment chacun a sa lecture.On ne lit pas Mallarmé comme Saint-John Perse, Supervielle comme Reverdy, Valéry comme Max Jacob... Roche comme Gaspar. Eh bien Biga c'est un autre monde, ouvert, refusant toute contrainte, goulu, passionné, torrentueux, quelque peu débraillé mais si généreux... On pense à Walt Whitman.
Escandille, dans sa première approche, n'a pas trop aimé. Moi non plus d'ailleurs. Du texte spontané, pas travaillé, braillard, amateur d'effets faciles, faisant trop penser aux écrits de potaches déchaînés...C'est la première impression. Mais il faut insister, trouver la bonne respiration, le bon rythme de lecture, et on commence alors à être pris par cette parole si humaine. C'est dire que le "morceau choisi" est l'ennemi mortel de cette poésie. J'ai découvert Biga dans une anthologie de poésie contemporaine et dans des revues, et je peux dire que j'en ai eu une piètre opinion. La lecture des 200 pages de son bouquin a changé tout cela. Voilà pourquoi je n'arrive pas à me décider à vous copier un poème de Biga, j'aimerais que vous lisiez le livre comme je l'ai fait. Tiens, c'est les vacances en Rhône-Alpes, je vais partir jouer aux échecs, je ne vais pas trop me manifester pendant deux semaines, eh bien si vous le pouvez, achetez ou empruntez le livre, on en reparlera à la rentrée.
Bon, quelques vers quand même. Biga se refuse au vers classique, mais à part ça a tout essayé, du vers libre à la prose, prose rythmée ou prose prosaïque, vers court, vers long, verset... Ses domaines de prédilection sont le vers libre et la prose, mais il a eu un période "haïku" - conçu très librement, va sans dire ! En voici qq uns, nous rappelant que Biga, ce méridional, est devenus nantais :

gentil petit matin
les poissons sautent
sur la Loire


longtemps sur la rivière froide
une corneille chasse une mouette
puis réciproquement

(extraits de Le poète ne cotise pas à la sécurité sociale)


Et aussi quelques extraits que nous avons échangé :

BALCON EN FORET

petits au profond du ravin
les pins sont comme une forêt d'asparagus
en pleine croissance

trois grands oiseaux avec leurs cris de femmes
tournoyent dans le ravin dessous
puis montent lentement vrillant l'air
bien au-dessus de mon regard levé

ce même paysage ces montagnes d'enneigement
ce soleil tant d'autres regards l'ont vu
depuis la Genèse
ce n'est que cela
l'immortalité la terre le ciel ce soleil
ces regards qui voltigent éphémères multiples
sont le même toujours unique Regard

(Stations du chemin, édition le dé bleu page 49)

On vit on fait un trou on plante un arbre
on épluche des légumes on cuit un ragoût un pot au feu
le soir on suggère à sa copine de nous sucer la pine
parfois on fait une prière - un peu d'émotion
on reçoit du courrier
(on ne peut pas parler de désert)
on ne répond qu'à une ou deux lettres
on prend de l'Ignatia I5 CH du gelsémium de l'oscillococi-
num
l'hiver est long la ville est grise le bitume pluvieux
on vit dit-on
(...)
on va au travail
on a du mal à simuler
on s'habille sans se doucher
- ou on se douche sans s'habiller -
on se change sans se raser
on baîlle on raille on caille on taille on rote on pète
on jure à mi-voix "crénom de..."
on chie de travers et on a mal au cul
on se lave les mains dans la salade
on dort bouche ouverte en ronflant
etc. etc.
on vit dit-on

(Le poéte ne cotise pas à la sécurité sociale, édition le castor astral page 155-156)

AUX PORTES DE LA VILLE

Il a neigé jusqu'aux portes de la ville
jusqu'à la naissance de la mer
quelque ébauche de joie de paix de ferveur même
s'est alors infiltrée jusqu'au coeur
du plus épais parmi les hommes

sur la noirceur le tintamarre la crasse le plomb
avec son poids léger son silence son calme
presque un jour durant la neige a tenu bon

ainsi parfois la neige arrive-t-elle aux portes de la ville
quand le monde est en danger

In "Le poète ne cotise pas à la sécurité sociale"


22 février 2005

C'est l'hiver !

En ce temps de frimas il est doux de regarder tomber les flocons Les trois photos envoyées sur le groupe vous inciteront-elles à les accompagner de mots blancs et croquemitouflés ? ou à jouer avec la réflection-réflexion des lumières sur les glaces ; à imaginer un glacier qui chante ?
Mais peut-être avez-vous des images à proposer aux écritures des autres, ou aux vôtres

21 février 2005

Carrefour des possibles

carrefourdespossibles.2.pdf

20 février 2005

Carrefour des possibles

Voici une écrit-mage à 3 mains ! La photo est du père de Patricia Guenot, le poème de Patricia elle-même et le montage de Pikkabu.

carrefourdespossibles.pdf

11 février 2005

Micronews 6

bonjour chères et chers micronéticiennes-ciens. Quelques nouvelles de notre petit archipel:

- Sur Toujours, toujours l'Ouvroir, un franc succès. Dans une ambiance amicale mais sans concession, des échanges constructifs. Super, continuons.
- Sur PLE4, se poursuit le petit voyage dans la poésie contemporaine. Après Denis Roche et Lorand Gaspar, on va aller à la découverte de Daniel Biga, à partir de sa récente antho personnelle "Le poète ne cotise pas à la sécurité sociale". Accrochez-vous, ça va déménager.
-sur Voix, les poésies du monde nous parlent toujours. Et l'intéressante chronique de Florence, qui présente quotidiennement un poème contemporain, avec plein de liens intéressants.
-Et n'oublions pas les autres groupes, avec leurs rubriques, qui dorment un peu mais ne demandent qu'à être réveillées: Délires et ses Coups de coeur, ses Parcoeur ; PoésiePourTous et ses Haïkus ; http://fr.groups.yahoo.com/group/BagarresLitteraires/?yguid=168595949 et ses proses, ses discussions théoriques...

A bientôt.O.

22:36 Publié dans Micronews | Lien permanent | Commentaires (1)

07 février 2005

En noir et blanc

Cécile a eu l'idée d'écrire sur les photos de Cartier-Bresson
Je vous rappelle le lien vers les photos
http://monsieurphoto.free.fr (Cartier Bresson dans la liste en haut à gauche)
Si vous voulez, essayez une écriture en "opposés", comme le noir et blanc ; avec des "complémentaires", comme les gris
Ensuite sur la ou les photos de votre choix, faire la manip "inverser les couleurs" (menu image dans Paint, dans Photoshop c'est "négatif" dans les réglages de l'image, les autres logiciels je sais pas mais vous si !) A partir de l'image en négatif, est-ce qu'on écrit autre chose ?

04 février 2005

Délire amazighien

Voici un petit délire amazighien lancé sur poesiepourtous par Orlando

L'amazigh, la langue berbère, peut nous faire rêver... délirer même.
Voici un poème pris sur le site www.leschleuhs.com:

Poesie : A GMAS NYAN UKAN...!
Posted by ANDDAM on 27/12/2004 11:42:28 (117 reads)
NX ADJAR NYAN !
Smhanx awdd adak ur tiniti.
Idis ranTZi dik urt nwwixi.
Nga DJar nk ng afus winnuni.
Ncrk ditun l8mm lmakani.
Awal das ntmghur ist ncrki.
A turtitad l8mns nusiti.
A rix an ttizzil at nwwurti.
Nra gim ajjig nra lfakiti.
Nra km ssux ad ixlf watayi.
Kullu krat iSrjan atn iqqami.
Ixasn immim adis itsutuli.
Yan imDin isigl srs yiriti.
Lxir ka fnmmagh ixasn ufixi.
Nttan ka sn siggil ixt ufixi.
Kullukn amidn gixak winnuni.
8an isax ismghur ixkn snxi.
Isar ax izmziy ixk nxlxi.
Ignwan ayyur ig ayyur sufani.
Ilin itran jnbns ar sufuni.
Ix lah amdlu ziyyin s nnuRi.
Ku man yannin ighumun s lfrhi.
Iga ghyiD ig azal il wayyuri.
Ku may rad immuddu fawn akali.
Tillas tillas l8ul ixtn lahi.
Ku masn usix aDar ays nhrci.
Dum l8na Rbbi dumanx ayyuri.
Ur nZDar iDDiD ula lhrkati.

Un ptit jeu, si vous voulez:

-choisissez trois mots de ce poème.
-laissez rêver votre imaginaire à partir de ces sons...(quelques
vers ou lignes)

Contribution de Cécile :

un tiniti voyage dans tes yeux
en ziyyin
il se transporte
haut haut
oh !
un tiniti voyage en ballons
en ziyyin
il s'envole
haut haut
ah ?
Yiriti sur la terre ?
en ziyyin ?
par terre ?
Aïe aïe
aîe !

Et Orlando :

I.
lfakiti. Qui t'a capté ta Cathy?
Quelque Fakir du Kon-Tiki
Ou quelque faquin quittant le Cathay
Avec son Elixir de Louqsor, Lxir
jeteur de sort en felouque,
n'est-ce pas loufoque ? Dura lex,
sed lex, triste sire, à Tizi Ouzou
comme à Tombouctou, ttizzil,
ou dans le bazar de Zanzibar,
allez, zou ! derrière les barreaux .


II.
Imakani L'ami à Marrakech dans
la machine à hamac rêve
d' images de cane et canetons
écoute la tourterelle dans ses
atours, turtitad , le plantigrade de garde
devant la tour pétaradant dans la moutarde.
Asseyez-vous . Méludine la belle noiseuse
est bien aise sur un air de
musette nusiti de laisser fuser
ses rires de noisette.

III.
Zitoun la Bien Dite, ô bourrique
qu'habite la diction qui est
bénédiction,ditun, et nous sans souci
du qu'en dira-t-on qui invite-t-on
sans un radis dit-on, Zitoun et nous
qui animons ces images cannibales,
oh bonne éducation,Imakani cette lame
qu'a mise à la mi-nuit l'ami dans la mie,
voulant mâchonner par la cime
les crocs du maudit tsunami,
qu'Imac-Hamuc, cet animal de machinerie
tenta d'attaquer mais en vain
par le caniveau, iqqami.



A little child

Voici un poème de l'Afrique de l'ouest traduit par Léah

Un petit enfant

Petit enfant qu'est-ce qui t'afflige
Dans ton petit monde ?
Pourquoi tes douces lèvres sont-elles colère
Pourquoi les perles de tes yeux sont-elles ternies
Et pourquoi les larmes voilent-elles tes cils ?
Ah, tu as sali ton tablier
Ton mignon petit froc
Et défait tes boutons de perle !
Que c'est étrange ! Je te parie
Que ton Papa ne s'en soucie pas
Puisqu'un jour il a été petit
Et a joué dans les forêts sauvages.
Les hommes seront des garçons
Les garçons des hommes
Les filles seront des mères, les mères des filles
Et la vie, d'elle-même, se renouvelle ainsi

A little child

Little child, what ails thee
In a world so tiny ?
What are thy sweet lips cross
Thy pearly eyes so dim,
And why do tears now film
Thy lashes long ?
Ah, thou hast soiled thy smock
Thy nice and pretty frock
And undone thy pearl button !
What odds ! I reason
Thy Daddy does not mind
For he was once a child
And played in forest wild.
Men will be boys, boys men,
Girls mothers, mothers girls,
And life itself thus renews.

R.E.G. Armattoe

Ecrire...

Je viens de lire sur le Blog à Léah ce passage de Barthes... Je me demandais si ça ne serait pas amusant d'en trouver d'autres, d'auteurs reconnus ou bien nos propres réflexions sur l'acte d'écrire ? Dans le forum, j'avais déjà cité Emaz, mais d'autres ont écrit dans ce sens ! Je pense à Reverdy à Simeon entre autres...

Écrire, c'est ébranler le sens du monde, y disposer une interrogation indirecte, à laquelle l'écrivain, par un dernier suspens, s'abstient de répondre. La réponse, c'est chacun de nous qui la donne, y apportant son histoire, son langage, sa liberté ; mais comme histoire, langage et liberté changent infiniment, la réponse du monde à l'écrivain est infinie : on ne cesse jamais de répondre à ce qui a été écrit hors de toute réponse : affirmés, puis mis en rivalité, puis remplacés, les sens passent, la question demeure.

Roland Barthes, Sur Racine Seuil 1963

(posté par Cécile)

23:10 Publié dans PROSES | Lien permanent | Commentaires (1)

Lorand Gaspar

Sur le groupe PoesielibreE4, nous poursuivons notre étude de la poésie contemporaine. Cette semaine Orlando nous a proposé Lorand Gaspar. Dans ses textes, des thèmes apparaissent comme fondamentaux. Notamment la prière, l'angoisse et le sensualisme.

voici donc un extrait de Patmos et autres poèmes, poésie / Gallimard, mars 2004 proposé par Orlando.


ma langue natale comme tu sais te taire
sur les pierres noires de nuit
la seule lueur est ce battement
dans la gorge dont on ne sait
si c'est angoisse, prière ou accord -
mais où est la ligne de partage
entre ce rien qui coule sans bouger
une feuille et la houle qui emporte
la nuit, la maison, le nageur?

(page 110)

Orlando nous ouvre toujours des portes pour nous permettre une lecture optimale des poèmes proposés... Voici par exemple ici les pistes proposées :
- la ponctuation ( comment ? pourquoi ? )
-les majuscules ( comment ? pourquoi ? )
-les thèmes (notamment ceux déjà vus dans les textes précédents)

Les échanges autour de Lorand Gaspar sur PoesielibreE4 ont encore été une fois très riche. Bientôt, nous parlerons de Daniel Biga, puis d'Antoine Emaz. Le programme s'annonce riche.