01 septembre 2005

Des nouvelles du forum - Prétextes d'écriture

Un nouveau fil dans les "jeux en ligne" dans notre forum

Des prétextes ? Nous en avons plein pour écrire ! Ecrire autour d'un couleur, à partir d'un texte d'auteur, sur l'enfance,etc.

Voilà pourquoi ce fil... Pour donner envie d'écrire, donner des prétextes d'écriture. Vous pourrez poster vos contributions ici et / ou bien dans le groupe Toujours la poésie pour les retravailler (dans ce cas mettre "ouvroir" dans le titre du message. )
Et bien sûr, chacun peut en proposer des prétextes !
Pour inaugurer ce fil, voici un extrait de James Sacré. extrait du poème Si le mot rouge est vrai dans Ecriture courtes,  éditions  le dé bleu

" N'importe quoi le mot rouge : toute la vie dedans
colères comme des taureaux, bêtise de mon père le
voilà maintenant tranquille fin de sa vie je la veux
comme un sourire la honte et la peur emportées, saleté
comme un sourire en paille dans ses bottes; et je
l'aime aussi quand il est propre. Le mot rouge
(fureur et la rouille à des endroits du monde) con-
vient parfaitement pour tout dire"

(page 10)


Original cet extrait. Vous avez remarqué le style de James Sacré ? Ca vous dit de vous en imprégner pour écrire aussi sur le mot rouge ? Allez, tous à vos stylos !

N'hésitez pas à nous rejoindre.

 

16 août 2005

Festival - Les poétiques

le 10 et 11 septembre prochain aura lieu aux forges de la Jahotière à Abbaretz en Loire Atlantique, un festival de poésie. Des éditeurs, des lectures de poètes, une table ronde, un apéro concert (musique du monde), des animations pour les enfants (ateliers d'écriture, de reliure... Venez nombreux.

Seront présents les poètes : Ludovic Degrotte, Hubbert Haddad, Philippe Longchamp, Florence Pazzotu, James Sacré et Magali Thuillier.
medium_les_poetiques.jpgmedium_les_poetiques2.jpg
Samedi 10 septembre
15h, lecture
Ludovic Degroote
15h, atelier reliure/écriture
Pour les enfants
16 h, lecture,
Hubert Haddad
17h, lecture
Florence Pazzottu
17h, atelier reliure/écriture
Pour les enfants
18h, table ronde
Avec les poètes invités autour de la question « d’où vous partez pour écrire ? Comment les livres naissent ? »
20h30, apéro concert
« voyage autour du monde » avec Olivia et compagnie

Dimanche 11 septembre
15 h, lecture
James Sacré
15h, atelier reliure / écriture
Pour les enfants
16h, lecture
Philippe Lonchamp
17h, lecture Magali Thuillier
17h, atelier reliure/écriture
Pour les enfants

Pendant toute la durée des poétiques, trois expositions :
« poètes, vos images », photographies de poètes d’aujourd’hui, par Michel Durigneux
« Poésie et peinture » par le Chant des mots (Angers) ;
« écrits suspendus », installation de mots brodés, par Sophie Vinet

Les éditeurs présents : Vincent Rougier, Jacques Brémon, Les petits classiques du grand pirate, l’attente, Cadex, Fata morgana, Dana, Folle Avoine, Wigwam, Le pré Carré, Cheyne, Joca Séria, Le chat qui tousse, Le petit jaunais, Bernard Gabriel Lafabrie, Dumerchez, Donner à voir, La dragonne, Inventaire Invention, Echo optique, le dé bleu, Soc et foc, Le bruit des autres, Paupière de terre, Tétras-Lyre, La pierre d’Alun, La mesure du possible.
Les revues : lieux d’être et Neige d’août
Les relieurs : Annie et Alfred Riou, Jeanne frères

Le lieu : la Jahotière. Se situe entre Abbaretz et La Meilleraye de Bretagne. Sur la route de Nantes à Rennes, sortie Nozay

Sur le fil des jours

Un nouveau fil est ouvert dans le forum : Sur le fil des jours

Parce que comme le disait le poète René Guy Cadou "chaque journée est pleine de coups de foudre", je vous propose chaque jour de raconter un moment de votre journée, une pensée, une émotion... un peu à la manière d'un carnet de notes. Il y a tant de choses dans notre quotidien ! Un ciel qui éclate, le sourire d'un enfant, le miaulement d'un chat, l'amour d'un ami... Tant de choses qui sont poésie au jour le jour.

08 août 2005

Taguri de Ali Sadqi Azaykou

La parole de valeur
on n'en veut pas
alors que c'est mon bâton de pélerin
une des rares à m'accepter
au fond d'elle même
avec passion
privé de toute amitié
elle est à mes côtés
telle une peine qui m'est fidèle
elle garde le silence
lorsque parlent les muets
elle est ouie
pour les sourds qui tentent
de se retrouver dans les ténèbres
chacun boira à la source de sa propre fontaine
s'écartant de sa vérité.
Là où l'homme valeureux
ne peut faire son chemin
le lâche peut le dépasser
parce qu'il a la maîtrise des mots
en la parole il y a retrouvailles
ceux-là mêmes qu'on a oubliés
il est temps alors
 d'enfourcher son cheval
il est temps alors
de dire nos mots.

 
taguri ilan atig nnes
ur tt iri yan
tusi iyi tega asellab inu
nettat ad ufigh ur a iyi trara
ur iyi tegi gh tzêlmadîn
inna gh sawelgh amunt
tusi iyi kigan
i gh ur nettâf ameddakwel
nettat a tt igan
i gh akw nettâf ameddakkwel
ur a ssar afin
taguri tega tagudî
tusi tent ukan .
tfessa zund
igh mnaggaren izenzâm awal
tega zund
amezzûgh idêrdâr igh usin
awal ar t ttemniden gh tillas ngaran
ur ssinn kigan
ighal kiwan aghal nnes
tsker ma wer uremn medden
ur jji t rzîn
gh illi gh ur yufi yizem
a yesker agharas
a ttut izri herbub
acku issen i wawal
taguri agh ra ed mnaggaren
willi en ur ntam
nettat ar ad ssudugh
azemz nnes ay ad
nettat ar ad nessudu
azemz nnes a yad
ALI SIDQI AZAYKU Rrebat 30/9/1978 ssegh "Timi tar"

Ce poème Aguri a été traduit par Ali Iken et Tassadit Yacine anthropologue et directrice de la revue Awal(revue fondée en 1985 par Pierre Bourdieu,Mouloud Mammeri,kateb Yacine et Tassadit Titouh yacine) pour le groupe Voixdumonde le 6 aout 2005 à Agadir.


25 juillet 2005

Poésie du Corée, Ko Un

Sous un poirier sauvage de Ko Un
Circé (Editeur)
01/11/2004 (Parution)
Traduit du coréen par Han Daekyun et Gilles Cyr.

"Nuit d'extase

Ce qui coulait jour et nuit
maintenant a cessé

mère ne dort pas

le torrent qui dévalait tout l'automne
où dort son bruit ?

quel froid, quel bonheur !
le bruit de l'eau, soudain, vient de mon coeur

allez, ténèbres, allez illuminer ce coeur"

Proposé par Rose dans Voixdumonde

21 juillet 2005

Mot à maux, n°2

Le n° 2 de La revue Mot à maux est sorti. http://motamaux.hautetfort.com/

Au sommaire :

Sont au sommaire de ce mois de juillet : Evelyne André-Guidici, Marie-Anne Schoenfeld, Xavier Jardin, Olivier Bastide, Gaétan Loubignac, Mireille Disdero, Cécile Guivarch, Alain Serge Dzotap, Nathalie Cousin, Marie Mazas, Philippe Bray, Xavier Gélard, Jean Coulombe, Christine Douville, Teri Alves, Gabriel Arnaud, Daniel Brochard, Emmanuel Berland

Vous pouvez la commander en envoyant un chèque de 4€ à :

Daniel Brochard

3 allée Cuvier

79200 Châtillon / Thouet

30 mai 2005

Octavio Paz - L'arc et la lyre (passages)



La création poétique est d'abord une violence faite au langage. Son
premier acte est de déraciner les mots. Le poète les soustrait à leurs
connexions et à leurs emplois habituels : séparés du monde informe du
langage parlé, les vocables à nouveau sont uniques, comme s'ils
venaient de naître. Le second acte est le retour du mot : le poème se
convertit en objet de participation. Deux forces antagonistes habitent
le poème : l'une d'attraction et de déracinement, qui arrache le mot
au langage ; l'autre, de gravité, qui l'y fait revenir. Le poème est
création originale et unique, mais il est aussi récitation,
participation et communion. Le poète le crée ; les hommes, en le
récitant, le recréent. Poète et lecteur sont deux moments d'une même
réalité, s'alternant sur un mode qu'il n'est pas inexact d'appeler
cyclique. Leur relation engendre l'étincelle : la poésie.
(...)
Le rythme n'est pas mesure, mais temps originel. La mesure n'est pas
le temps, mais une façon de le calculer. Heidegger a montré que toute
mesure est une "façon de rendre le temps présent". Calendriers et
montres sont des moyens de marquer nos pas. Cette démarche implique
une réduction ou une abstraction du temps originel : la montre indique
le temps et, pour l'indiquer, le divise en portions égales et privées
de sens. La temporalité - qui est l'homme même et qui, partant, donne
sens à ce qu'il touche - est antérieure à la présentation et ce qui la
rend possible.
Le temps n'est pas hors de nous, ni quelque chose qui passe devant nos
yeux comme les aiguilles de la montre : nous-mêmes sommes le temps et
ce ne sont pas les années qui passent, mais nous. Le temps a une
direction, un sens, parce qu'il est nous-mêmes. Le rythme réalise une
opération contraire à celle des montres et des calendriers : le temps
cesse d'être mesure abstraite et retourne à ce qu'il est : réalité
concrète et orientée. Jaillissement continu, perpétuelle marche en
avant, le temps est transcendance permanente. Son essence est la
transcendance. Le temps est intentionnel d'une manière paradoxale : il
a un sens - la marche en avant , toujours hors de soi - qui ne cesse
de se nier lui-même comme sens. Il sait qu'il va quelque part, mais ne
sait pas, ou ne veut pas savoir, ce qu'est ni comment s'appelle ce
vers quoi il va. Il n'est donc jamais mesure sans plus, succession
vide. Quand le rythme se déploie devant nous, quelque chose passe avec
lui : nous-mêmes. Il y a dans le rythme un "aller vers" qui ne peut
être élucidé que si est, en même temps, élucidé ce que nous sommes. Le
rythme n'est pas mesure ni quoi que ce soit hors de nous : c'est
nous-mêmes qui nous mettons dans le rythme et nous lançons vers
"quelque chose". Ce que disent les paroles du poète, déjà le rythme le
dit, sur lequel s'appuient ces paroles. Plus encore : ces paroles
surgissent naturellement du rythme, comme la fleur de la pousse.

Octavio Paz
passages cueillis dans "L'arc et la lyre"
éditions gallimard, collection nrf essais

pour en savoir davantage sur Octavio Paz voir à ma traduction de son
poème " Piedra de sol" (Pierre de soleil) En essai il a notamment
écrit "le labyrinthe de la solitude". Toute une bibliographie est
mises dans la catégorie "traduction"

Article proposé par Juliette, voir son blog "les reflets de clochelune"




28 mai 2005

Marie-Claire Bancquart

Sur Poesielibree4, nous commentons en ce moment l'oeuvre de Marie-Claire Bancquart. Voici l'introduction présentée par Orlando.

Marie-Claire Bancquart est née en 1932. Elle a fait une brillante carrière universitaire, a écrit cinq romans et une bonne vingtaine de livres de poésie. Elle collabore à la revue Europe et à d'autres, est couverte d'honneurs et de distinctions. Et réjouissez-vous, charmantes damoiselles et gentes dames, cette dame est une des voix les plus considérables de cet entre-deux siècles, une voix qui me touche très fort comme elle saura j'espère vous toucher.( La brillante carrière universitaire ne doit pas impressionner: Beaucoup de poètes contemporains sont des universitaires, mais pas tous. Et tous les profs ne sont pas poètes, loin de là. Verlaine n'était qu'un obscur employé aux écritures, Rimbaud un collégien perdu (comme Lautrréamont) puis un aventurier, Eluard n'avait qu'une instruction primaire.)

Elle a réuni des extraits de l'ensemble de son oeuvre poétique dans une anthologie personnelle, Rituel d'emportement, Poèmes 1969-2001,336 pages, Ed. Obsidiane-leTemps qu'il fait, mars 2001. Avec une photo de l'auteur et une fiche bio-bibliographique. C'est ce livre dont j'achève la lecture et dont je vais vous parler.

Ce qui frappe dès les premières pages, c'est la présence du sujet, non par une banale affirmation narcissique du moi, mais par la force de la parole, l'unité de la pensée à travers la diversité des expressions, les réseaux denses d'images qui se reprennent, se répondent et se réfléchissent, la délicatesse de sensibilité.Vous lisez une page de MC B, et vous savez que vous êtes devant un vrai poète.
Après cent ou cent cinquante pages, je commençais à avoir quelques soupçons sur la créativité formelle, ou sur son apparente absence. MC B utilise le vers libre, avec des variations de rythmes assez marquées par l'alternance de vers courts , une à trois ou quatre syllabes, et de vers plus longs, jusqu'à quatorze, quinze syllabes...Les poèmes sont presque tous courts, entre une demi page et une page, presque jamais plus. C'est à peu près tout, pendant les cent premières pages. Par la suite , on voit apparaître le verset, et enfin la prose. Et on voit se présenter des poèmes substantiels, de plusieurs pages. On voit aussi de plus en plus des mélanges prose et vers, comme dans la "Saison en Enfer", et des variations typographiques par les italiques.Les audaces syntaxiques sont présentes du début à la fin, elles ne sont pas trop fréquentes mais se retrouvent régulièrement. On voit donc que , du point de vue formel, on est dans un cadre assez classique : une prosodie qui n'a pas vraiment bougé depuis les surréalistes, une syntaxe presque toujours académique... L'innovation , car il y a innovation, est ailleurs : il y a un renouvellement du matériel imaginaire, à travers une continuité qui assure la cohérence : l'arbre, le corps, les plumes, l'oiseau, l'animal sont présents d'un bout à l'autre. Mais les thèmes évoluent, s'approfondissent, s'amplifient... Toute une période voit revenir la peur obsessionnelle de la mort, avec la menace de la maladie. Puis l'interrogation sur l'identité, le doute existentiel. Puis le vertige métaphysique, avec l'intrusion de l'histoire et des mythes au milieu de l'actualité dans ce qu'elle a de plus brutal. Tout cela, je n'hésite pas à le répéter, à travers une continuité imaginaire qui affirme bien mieux le sujet que toutes les rodomontades narcissiques. Et un ton surprenant, de plus en plus ferme, affirmé. Le poète est maître de son instrument.
A suivre
( Je ferai prochainement un petit état des lieux de l'imaginaire de MC B

Cinq exercices poétiques

Sur Poesielibree4, Orlando nous propose en ce moment cinq exercices poétiques. En ce moment, nous en sommes à un exercice très intéressant qui est le déca-mental. Qu'est-ce que c'est ? Avant de vous en parler, voici le petit programme concocté par Orlando :

1. Le mot.
2.Les rimes.
3. Assonances,contre-assonances, consonances.
4.Mètre.
5.Le mot, les phrases.

Ce ne sont que des titres, bien sûr. Je vous donne un aperçu du 4.
Choisissons un mètre glorieux, mais un peu délaissé aujourd'hui, le décasyllabe. Son rythme classique est croissant, 4+6. Mais le rythme décroissant existe, 6+4. Quant au rythme équilibré, 5+5, que Bonaventure des Périers appelle plaisamment "tara tantara", il est plutôt réservé à la poésie légère, fantaisiste, satirique.
L'exercice peur se décliner en plkusieurs variantes.
A. Sans se soucier de signification, mais seulement de rythme, écrire un décasyllabe classique : le forgeron dans l'atelier ombreux.
Puis un autre. Encore un autre. Sans rapports entre eux. Durée trente minutes.
B. Version orale. Même démarche. Si possible en marchant (par exemple, promenade dans la nature pour être tranquille) ou pendant une période d'oisiveté forcée (salle d'attente, train, métro...)
C. Version surréaliste: Même démarche qu'en A (écrit) ou B (oral), mais en recherchant les images surprenantes.

Chacune de ces séances suivie d'un compte rendu, notant ce qui s'est passé dans l'esprit, les difficultés, les évolutions, les résultats. Ont peut couronner le tout par l'écriture d'un ou plusieurs poèmes en décasyllabes. Et on peut faire ce genre d'exercices avec les autres mètres, il y a de quoi faire !

Les autres exercices sont également prompetteurs. Le 3 est un continent à explorer. Bon, je prépare un peu tout ça avant de vous le soumettre ( je teste les jeux -exercices sur moi-même ! ) A bientôt ! O.

Et voici le déca-mental :

Partir pour une balade d'une heure environ, en choisissant un itinéraire tel que vous ne risquez pas d'être dérangé ou distrait. Pendant la balade, composez mentalement le plus possible de décasyllabes , sur les sujets qui vous passent par la tête. Ne vous préoccupez pas trop du sens ni de la syntaxe, le but principal étant de suivre le rythme classique 4+ 6 ( et non 6+4 comme je l'ai écrit par erreur il y a quelques jours).

Au retour, rédigez un compte rendu de l'exercice en une ou deux pages, en citant quelques-uns de vos décasyllabes;

Dépôt des compte rendus "déca-mental" à partir de vendredi midi. O.

PS: on peut imaginer des variantes: déca-mental dans une salle d'attente, en train, en métro... ou à plusieurs, en une sorte de dialogue de décas... C'est peut-être très bien, mais je n'ai expérimenté que la balade en solitaire .



05 mai 2005

Sonnet en écho à Léah, par Orlando



Temps oublié de la sérénité ouverte
Il pleuvait des sourires entre les moellons
Mer de sargasses    inachevées dans leur mémoire
Quelle Amphitrite t’attendait     en sa grotte alcaline

Ta mémoire s’immerge en ces marges     ô Merlette
Trottinant dans l’album des pensées cavatine
A guibolles de mouche     cigarette sans cravate
Murmurant des lieder pianotant une sonate

Brûle ces feuilles vernissées     hachurées d’orages
Photos de lumière vague sur le sable des plages
Et la mer en sauts périlleux     pirouettes obscures

A bien pu t’enfouir sous la pente des dunes
Veilleur de nuit te reste l’amertume     embuscade.
Mais elle est têtue ta musique et passez muscade


Orlando Jotape Rodriguez, 5 mai 2005




Mer de la sérénité ouverte » (J’ai emprunté ce beau titre à Daniel Biga dans son recueil « Histoire de l’air »)

« Mer de la sérénité ouverte » Mer de la Serre lacère mer qui la serre lacère serre-la, sert-la, mercenaire ou mercière ? Mer fière, mer creuseuse de Sierras, travailleuse mercenaire des millénaires. Millénaire mer mémoire. Marbella, Bella-Mar. Mercedes la mercière des mémoires. Sœurs de la Merci.
Noires mers inachevées dans leur mémoire. Mer Noire, Mers el-Kebir, Mérida ou Mérovée. Mer emmergeante surgissante. Au-dessus au-travers des mémoires. Mémoire immergée dans tes marges. Merlette au merlot. Merleau-Ponty, La mer, l’eau, les ponts… Pont sur Mer Pont-Audemer Pont sur l’eau de mer. Merlu cuit au Merlot. Merlette ayant la berlue. Merlan souhaite épouser merlette sur le pont du Mermoz. Mer, Mozart, sonate ou cavatine. « Cigarette sans cravate » Merveille pour Mermoz ou Mozart. Mer et mots ; mer telle grandes feuilles vernissées hachurées d’orages. Rouges mers, Mer Rouge, Mer Noire. Mémoire émeri des mers noires. Hellespont, Thessalie, Aulide. Mémoire sub-marine. Méry. Mer rare, ré de la gamme à l’alphabet.
Hébétée. Demeurée dans la bêtise. Mer, ruades d’espadons, rondeurs de mérous. Méru, ruelles alignées. Presque sans issues Mersenne, nombres spongieux étagés. Saine mer nourrice d’éponges. Merci Mercedes la mercière au solstice de Seu-la-Vella. Mer sauts périlleux pirouettes obscures. Omerta Amertume Embuscade, veilleuse de nuit Merveille merveilleuse mer. Seule je veille sur les merveilles. Méry si audacieuse maîtresse du Poète. Meryem antienne pour Mermoz Ancienne mer receleuse d’amandes et d’Agrippines Constellée de solstices ocellée de rumeurs Millions de merveilles merveilleuse mer

(Léah)




01 mai 2005

Micronews 7

Et voici les dernières nouvelles de la Micronésie.

Sur le groupe PoesielibreE4, nous avons terminé notre cycle sur la poésie de Daniel Biga et nous étudions en ce moment la poésie d'Antoine Emaz. A ce propos, nous avons souhaité de répérer les éléments qu'Emaz avait pu hériter d'André Du Bouchet qui est son "père spirituel". Parmi nous, une comparaison avec la poésie de Charles Juliet commençait à s'établir. Nous avons donc comparé les 3 auteurs avec tout d'abord une présentation de leur bibliographie respective (comparaison sur les titres de chacun), puis à l'aide de quelques extraits de poémes.

Les prochaines études au programme sont la poésie de Marie-Claire Bancquart et de Pelieu. Suivront d'autres études, dont certainement une sur Du Bouchet. N'hésitez pas à venir nous rejoindre.

Sur le groupe Voixdumonde, nous recevons toujours les extraits choisis par Florence Trocmé, l'almanach poétique. Ces derniers temps, des poèmes en Wolof, breton, quechua ont été présentés. Et nous avons pu écouter aussi la voix de Christophe Tarkos et de Ghérasim Luca. Vous pourrez vous aussi nous faire découvrir des voix et des poèmes du monde entier.

Sur le groupe Ecrits-mages, toutes les créations sont toujours les bienvenues. Dernier thème en cours "les portraits de poètes" et la création du logo pour notre forum. Tous aux pinceaux !

Sur toujourslapoesie, les poèmes en ouvroir sont la bienvenue, ainsi que l'entraide entre amis dans une ambiance sympathique.

Sur poesiepourtous2, le printemps se fait entendre avec les haïkus. Ca vous tente ?

Sur Délires du coeur, vous pourrez y lire notre dernier coup de coeur pour Christophe Tarkos et proposer vos propres coups de coeur.

Poèmes en quechua

Voici un site avec des des poèmes en quechuas traduits en espagnol et en anglais.

En voici un pour le plaisir de la langue

Antikuna ñauraytaki, (Quechua version)

Antikuna ñauraytaki
Chay paqcha tarikun
juk sunqoyakusqa sacha sachapi:
puqllayqachaq ye atipaq chay kikinmantapacha.
Antikuna ñauraytaki
wairaqpa kunkanmi
pura sayaq qaqakunapi autiq:
wairallamanta paqarisqa zhaqa ancha kallpayuq.
Antikuna ñauraytaki
kunturpa phawayninmi
janaqpachapi qellqayta ruwan:
ricukun allin ruwasqa, zhaqa kausaytataq qon.

Christophe Tarkos

Allez écoutez Christophe Tarkos sur ce site

Il y a 3 extraits en mp3. J'ai beaucoup aimé le petit bidon et bien ri avec L'homme de merde, je gonfle.

Ca vaut le détour !

29 mars 2005

Portraits de poètes

Durant tout le mois d'avril, je vous invite à choisir le portrait de votre poète préfér-é-e et de lui dédier un poème. Vous pouvez choisir le genre "Tombeau" si vous voulez rendre ainsi hommage à un poète disparu
Ou bien, à partir d'un poème écrit sur un auteur, tracer de vos pinceaux virtuels son portrait imaginaire, ou celui que vous lui prêtez

J'attends le retour de Cécile pour rebondir sur le "logo" du Forum

19 mars 2005

L'offense lyrique de Marina Tsvetaïeva

Ce poème de Marina Tsvétaieva me touche profondément. Il a été écrit à Moscou en 1918 alors qu'elle n'était pas encore exilée. Mais on ressent déjà son exil intérieur. je ne sais ce que vous en pensez... J'aimerai beaucoup connaître votre opinion sur ce poème, discutons ensemble. Je pense que la poésie de Marina Tsvétaieva fait partie de celles qui sont à méditer... Sa biographie dans le site de Teri Alves, nous aidera à mieux la connaître : http://tsvetaeva.free.fr/biographie.html



Je suis. Tu – seras. Entre nous – un gouffre.

Je bois. Tu as soif. S’entendre – en vain.

Dix ans, cent millénaires nous séparent. –

Dieu ne bâtit pas de ponts.

Sois ! – C’est mon commandement.

Laisse-moi passer, je n’écraserai pas les jeunes pousses.

Je suis. Tu – seras. Dans dix printemps, tu diras :

- je suis ! Moi, je dirai : - C’est trop tard.
6 juin 1918

Marina Tsvétaïeva, dans L’offense lyrique, éditions fourbis, page 86


12 mars 2005

Poètes et peintres

Une discussion en cours sur le forum Baudelaire (baudelaire.litteratura.com) est à l'origine de la question suivante "Baudelaire aurait-il apprécié que l'on illustre ses poèmes" ? Les avis sont partagés...
A partir de là, je vous invite à donner votre avis (sur EcritsMages, et/ou sur Baudelaire) et de façon plus générale sur les relations entre poésie et peinture, et les livres d'artistes

PS : le logo à créer pour notre Forum est toujours en attente !

Une traduction de Charles Bukowski par Léah

there's a bluebird in my heart that
wants to get out
but I'm too tough for him,
I say, stay in there, I'm not going
to let anybody see
you.

there's a bluebird in my heart that
wants to get out
but I pour whiskey on him and inhale
cigarette smoke
and the whores and the bartenders
and the grocery clerks
never know that
he's
in there.

there's a bluebird in my heart that
wants to get out
but I'm too tough for him,
I say,
stay down, do you want to mess
me up?
you want to screw up the
works?
you want to blow my book sales in
Europe?

there's a bluebird in my heart that
wants to get out
but I'm too clever, I only let him out
at night sometimes
when everybody's asleep.
I say, I know that you're there,
so don't be
sad.

then I put him back,
but he's singing a little
in there, I haven't quite let him
die
and we sleep together like
that
with our
secret pact
and it's nice enough to
make a man
weep, but I don't
weep, do
you?

C. Bukowski





Il y a dans mon cœur un oiseau bleu qui

veut s’échapper

mais je suis trop coriace pour lui

Je dis, reste là-dedans, je ne suis pas sur le point

de laisser n’importe qui te

voir



Il y a dans mon cœur un oiseau bleu qui

veut s’échapper

mais je déverse du whisky sur lui et j’inhale

de la fumée de cigarette

et les putes et les tenanciers de bars

et les garçons d’épicerie

ne savent jamais qu’

il est

là-dedans



Il y a dans mon cœur un oiseau bleu qui

veut s’échapper

mais je suis trop coriace pour lui

Je dis,

est-ce que tu veux me

traumatiser ?

tu veux bousiller mes

œuvres ?

tu veux souffler les ventes de mon livre en

Europe ?



Il y a dans mon cœur un oiseau bleu qui

veut s’échapper

mais je suis trop malin, je le laisse juste sortir

la nuit quelquefois

quand chacun est endormi.
Je dis, je sais que tu es là,

alors ne sois pas

triste.



et puis je le remets à sa place,

mais il chante un petit peu

là-dedans, je ne l’ai pas tout-à-fait laissé

mourir

et nous dormons ensemble comme

ça

avec notre

pacte secret

et c’est assez gentil pour

faire qu’un homme

pleure, mais je ne

pleure pas,

et

vous ?

(traduction de Léah)

02 mars 2005

Logo du Forum

Chères, chers infographistes
Notre Forum a toujours son lutin qui agite l'orteil... Je vous invite à créer un logo plus perso pour ce Forum qui est celui de toute notre Micronésie. Mettez à profit vos derniers apprentissages sur Paint, Photoshop ou PSP !

25 février 2005

Daniel Biga

Dans le groupe Poesielibree4, nous échangeons en ce moment autour de Daniel Biga. Et il est étonnant de lire les réactions face à chacun de ses poèmes présentés, comme nous dit Hélène : "j'ai l'impression qu'il a plusieurs façons d'écrire"

Voici la petite présentation D'Orlando :

Le meilleur instrument pour découvrir ce poète, c'est son anthologie personnelle, "Le poète ne cotise pas à la sécurité sociale", Le Castor Astral / Ecrits des Forges, juin 2003. Se lit très facilement, comme un "journal". C'est ce qu'on est en train de voir de plus en plus nettement, chaque poète a son écriture, et conséquemment chacun a sa lecture.On ne lit pas Mallarmé comme Saint-John Perse, Supervielle comme Reverdy, Valéry comme Max Jacob... Roche comme Gaspar. Eh bien Biga c'est un autre monde, ouvert, refusant toute contrainte, goulu, passionné, torrentueux, quelque peu débraillé mais si généreux... On pense à Walt Whitman.
Escandille, dans sa première approche, n'a pas trop aimé. Moi non plus d'ailleurs. Du texte spontané, pas travaillé, braillard, amateur d'effets faciles, faisant trop penser aux écrits de potaches déchaînés...C'est la première impression. Mais il faut insister, trouver la bonne respiration, le bon rythme de lecture, et on commence alors à être pris par cette parole si humaine. C'est dire que le "morceau choisi" est l'ennemi mortel de cette poésie. J'ai découvert Biga dans une anthologie de poésie contemporaine et dans des revues, et je peux dire que j'en ai eu une piètre opinion. La lecture des 200 pages de son bouquin a changé tout cela. Voilà pourquoi je n'arrive pas à me décider à vous copier un poème de Biga, j'aimerais que vous lisiez le livre comme je l'ai fait. Tiens, c'est les vacances en Rhône-Alpes, je vais partir jouer aux échecs, je ne vais pas trop me manifester pendant deux semaines, eh bien si vous le pouvez, achetez ou empruntez le livre, on en reparlera à la rentrée.
Bon, quelques vers quand même. Biga se refuse au vers classique, mais à part ça a tout essayé, du vers libre à la prose, prose rythmée ou prose prosaïque, vers court, vers long, verset... Ses domaines de prédilection sont le vers libre et la prose, mais il a eu un période "haïku" - conçu très librement, va sans dire ! En voici qq uns, nous rappelant que Biga, ce méridional, est devenus nantais :

gentil petit matin
les poissons sautent
sur la Loire


longtemps sur la rivière froide
une corneille chasse une mouette
puis réciproquement

(extraits de Le poète ne cotise pas à la sécurité sociale)


Et aussi quelques extraits que nous avons échangé :

BALCON EN FORET

petits au profond du ravin
les pins sont comme une forêt d'asparagus
en pleine croissance

trois grands oiseaux avec leurs cris de femmes
tournoyent dans le ravin dessous
puis montent lentement vrillant l'air
bien au-dessus de mon regard levé

ce même paysage ces montagnes d'enneigement
ce soleil tant d'autres regards l'ont vu
depuis la Genèse
ce n'est que cela
l'immortalité la terre le ciel ce soleil
ces regards qui voltigent éphémères multiples
sont le même toujours unique Regard

(Stations du chemin, édition le dé bleu page 49)

On vit on fait un trou on plante un arbre
on épluche des légumes on cuit un ragoût un pot au feu
le soir on suggère à sa copine de nous sucer la pine
parfois on fait une prière - un peu d'émotion
on reçoit du courrier
(on ne peut pas parler de désert)
on ne répond qu'à une ou deux lettres
on prend de l'Ignatia I5 CH du gelsémium de l'oscillococi-
num
l'hiver est long la ville est grise le bitume pluvieux
on vit dit-on
(...)
on va au travail
on a du mal à simuler
on s'habille sans se doucher
- ou on se douche sans s'habiller -
on se change sans se raser
on baîlle on raille on caille on taille on rote on pète
on jure à mi-voix "crénom de..."
on chie de travers et on a mal au cul
on se lave les mains dans la salade
on dort bouche ouverte en ronflant
etc. etc.
on vit dit-on

(Le poéte ne cotise pas à la sécurité sociale, édition le castor astral page 155-156)

AUX PORTES DE LA VILLE

Il a neigé jusqu'aux portes de la ville
jusqu'à la naissance de la mer
quelque ébauche de joie de paix de ferveur même
s'est alors infiltrée jusqu'au coeur
du plus épais parmi les hommes

sur la noirceur le tintamarre la crasse le plomb
avec son poids léger son silence son calme
presque un jour durant la neige a tenu bon

ainsi parfois la neige arrive-t-elle aux portes de la ville
quand le monde est en danger

In "Le poète ne cotise pas à la sécurité sociale"


22 février 2005

C'est l'hiver !

En ce temps de frimas il est doux de regarder tomber les flocons Les trois photos envoyées sur le groupe vous inciteront-elles à les accompagner de mots blancs et croquemitouflés ? ou à jouer avec la réflection-réflexion des lumières sur les glaces ; à imaginer un glacier qui chante ?
Mais peut-être avez-vous des images à proposer aux écritures des autres, ou aux vôtres